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5 mai 2010

Plus de 80 enfants adoptés sont abandonnés chaque année

Publié sur le site France-Soir, oar Nicole Korchia, le 3 mai 2010.

Les chiffres sont secrets et tabous en France : officiellement 2 % des adoptions sont vouées à l’échec en France. Mais officieusement, les spécialistes parlent carrément d’un cas sur dix… Notre enquête.

Un terrible constat…

Les échecs de l’adoption, on en parle peu. Pourtant, même en France, des histoires déchirantes d’enfants adoptés remis aux institutions, puis renvoyés dans leurs pays sont fréquentes et bien réelles. Sujet tabou, polémique, aucune statistique officielle n’est mise en avant. Le dossier de l’adoption est trop sensible et le constat de l’échec enfoui sous les centaines de demandes en attente. Si des chiffres de 2 à 3 % d’échec circulent, c’est déjà énorme, car cela signifie que sur environ 4.000 enfants adoptés par an, plus de 80 sont abandonnés chaque année, rendus comme un simple appareil qui ne fonctionne pas !
Qu’advient-il ensuite de ces petits rejetés coup sur coup, par leur famille biologique puis adoptive ? Comment pourront-ils se reconstruire ? Et comment expliquer qu’après tant de démarches et d’attente, des parents adoptifs se révèlent incapables de garder cet enfant tant rêvé ?

Pourquoi ces échecs ?

« Dans le cadre de l’adoption, explique-t-on à l’AFA (Agence française de l’adoption), il y a très souvent l’enfant rêvé et l’enfant réel. Et les deux ne se rejoignent pas toujours. L’adoption est vraiment une greffe qui prend ou qui ne prend pas. » En effet souvent les parents vont bien au-delà de leur projet initial en se disant qu’ils pourront assumer un enfant plus grand, avec un passé psychologique chargé ou un problème physique voire pathologique… Mais au fil des mois, les choses se compliquent… Le docteur Geneviève André-Trevennec, directrice de Médecins du monde, explique : « Il faut faire prendre conscience aux parents de la responsabilité qu’ils ont eue dans leur démarche d’adoption. Ils se sont engagés, c’est comme lorsqu’on a un enfant biologique qui né avec des difficultés, on l’assume et on l’aime jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. »


Que deviennent ces enfants rejetés ?
Lorsque l’adoption plénière a été reconnue, l’enfant reste à jamais lié juridiquement à ses parents. Il est placé par les services sociaux, mais il ne sera plus jamais adoptable plénièrement. Lorsque qu’il est étranger et que son pays d’origine a prononcé un jugement, son pays n’en veut plus. Et s’il n’est pas encore enregistré à l’état civil français, il se retrouve un peu apatride. Cela arrive particulièrement lors d’adoptions individuelles.
Pour éviter cela, des préparations psychologiques à la parentalité adoptive et un suivi des familles sont progressivement mis en place par les organismes d’adoption. « Avec la tendance actuelle de l’adoption internationale qui propose des enfants de plus en plus grands, issus de situations complexes, cela devient vital. Sinon les échecs se multiplieront ! Une famille soutenue et avertie réagit pour ne pas arriver à des situations extrêmes », atteste Geneviève André Trevennec. Mais c’est encore insuffisant et de nombreux signes d’alarmes passent inaperçus. Pourtant, un échec de l’adoption n’arrive jamais du jour au lendemain. Tant de vies brisées dans les premières années d’existence ne peuvent laisser indifférent…

« Plus de 30 % des agréments accordés devraient être refusés »

Le Dr. Pierre Lévy-Soussan est pédopsychiatre, médecin directeur Consultation filiations à Paris.

France-Soir. Qu’est-ce qu’un véritable échec de l’adoption?

Pierre Lévy-Soussan.
Les plus graves sont ceux qui se traduisent par une maltraitance, avec abandon et remise de l’enfant à l’ASE (Aide sociale à l’enfance). Ils vont bien au-delà des 2 % annoncés. Puis il y a les équivalents d’échecs lorsque la situation a dégénéré, à tel point que les parents ou les enfants n’éprouvent plus rien ensemble sauf l’indifférence ou la haine. Les professionnels évaluent globalement ces échecs à 10 ou 15 %. Et c’est énorme…

F.-S. Que faudrait-il faire pour éviter de tels drames?

P. L.-S.
Etre plus sélectif sur les agréments et arrêter l’amateurisme institutionnalisé en matière d’adoption. Un dossier rejeté par la commission peut ensuite être sauvé par un président de conseil général ou un juge. Amateurisme ! N’importe qui peut donc obtenir un agrément. Le taux de refus national est de 10 %, avec 70 % des départements entre 0 et 10 % ! Plus de 30 % devraient être refusés car les régions qui travaillent le mieux ont un taux de refus entre 30 et 40 %. Aucun politique ne veut remettre en question la loi et les enfants en font les frais !

F.-S. Comment agir concrètement?

P. L.-S.
En assumant une sélection efficiente des candidats, en faisant un travail d’appariement des familles : tel enfant pour tel parent, car n’importe quel enfant ne peut pas aller avec n’importe quel parent. Il faut arrêter de s’en remettre au hasard de l’arrivée des dossiers comme le fait l’AFA.

F.-S. Fait-t-on un dossier trop rose de l’adoption par rapport à sa réalité?

P. L.-S.
Bien sûr, et la peopolisation y contribue, l’adoption a une image de conte merveilleux. Les réalités et les difficultés sont mises à l’écart et cela n’aide pas les futurs parents adoptifs qui se retrouvent souvent dépassés par les obstacles qu’ils rencontrent.

F.-S. Une histoire comme celle du petit garçon russe aurait-elle pu arriver chez nous?

P. L.-S.
Non seulement ça aurait pu, mais cela arrive en France. Des enfants qui sont renvoyés avec leur valise à l’ASE cela n’a malheureusement rien d’exceptionnel…

Un acte grave que la justice sanctionne

Le 29 mars 2010, le tribunal correctionnel de Nantes a condamné des parents adoptifs à neuf mois de prison avec sursis pour avoir abandonné en 2004 leurs deux enfants éthiopiens. Adoptés quatre ans auparavant, ils ont été remis à l’ASE quelque temps après la naissance de l’enfant biologique du couple mis en cause. Ils étaient « violents et difficiles », ont expliqué les parents adoptifs qui payaient 400 euros par mois les services sociaux pour leur garde, mais n’exerçaient plus leur droit de visite.

Deuxième histoire : celle d’un couple qui avait adopté un premier enfant chinois puis un deuxième, qui vers 3 ans a manifesté une pathologie médicale. Quand les parents ont entendu le diagnostic, ils ont laissé l’enfant à l’hôpital et sont allés déclarer l’abandon à l’ASE. Bien évidemment, cela a déstabilisé l’aînée qui a pensé que si elle tombait malade, ses parents l’abandonneraient. Le deuxième enfant a été immédiatement placé dans une famille d’accueil remarquable, qui l’a accompagné dans ses traitements et l’a ensuite adopté. C’est une histoire malheureuse qui ne se termine pas trop mal….
Troisième cas : celui de cet enfant né dans un pays de l’Est. Il s’était bien adapté, mais la famille en a fait sa propriété, en l’isolant totalement du monde. En dehors de l’école, il ne voyait personne d’autres que ses deux parents. Un intervenant éducatif chargé de le suivre a fait un signalement judiciaire après constat des faits, parce que les parents refusaient de se faire aider. Résultat, l’enfant a été mis en placement provisoire.
Enfin, plus récemment, une mère est allée chercher une enfant à Haïti après le séisme du 12 janvier, mais ne pouvant assumer cette adoption l’a rendue aux services sociaux le mois dernier. La petite fille est aujourd’hui à la DDASS de La Réunion, abandonnée après moins de trois mois passés dans une nouvelle famille…

Un garçon russe retourné seul à Moscou par sa famille adoptive

Row over Russian boy rejected by US adopted family



Un garçon de sept ans, adopté de la Russie par Torry Ann Hansen, en 2009, est arrivés seul à l'aéroport de Domodedovo à Moscou, le matin du 8 avril 2010. L'enfant a été mis dans un avion sans supervision, avec une lettre pour le ministère russe de l'Éducation, déclarant que la mère adoptive de l'enfant le retournait à la tutelle russe et souhaitait voir son adoption annulée.

Un orphelin renvoyé tout seul chez lui (publié sur LCN, le 9 avril 2010)

En Russie, les autorités ont décidé de geler toutes les demandes d’adoption en provenance des États-Unis après le renvoi dans son pays d’un jeune orphelin de huit ans.

Le petit Artyom Savelyev a atterri à Moscou à bord d’un avion d’United Airlines en provenance de Washington. Il était seul à sa descente d'avion.

Dans une note glissée dans ses bagages, sa mère adoptive, originaire de Shelbyville au Tennessee, indique seulement qu’elle ne peut plus s’occuper de lui parce qu’il est trop violent. «Cet enfant est mentalement instable, écrit Torry Hansen. Il souffre de problèmes psychotiques.»

La mère adoptive du petit Artyom fait l’objet d’une enquête au Tennessee, mais aucune accusation n’a été déposée contre elle. L’ambassadeur américain en Russie a déclaré qu’il était profondément choqué par la tournure des événements. «Je suis en colère qu’une famille qui a légalement adopté un enfant le traite aussi durement», indique John Beyrle.

L’enfant se trouve actuellement sous observation dans un hôpital de Moscou. Selon un officiel russe, on lui aurait arraché des cheveux lors de son séjour aux États-Unis.

Ce cas a soulevé l'indignation dans le pays de Vladimir Poutine et de nombreux citoyens demandent au Kremlin d’adopter des règles plus sévères en matière d’adoption.

L’an dernier, 1600 enfants russes ont été adoptés par des Américains. Ce n’est pas la première fois que des problèmes éclatent à ce niveau entre les deux pays. En 2006, Peggy Sue Hilt, de Virginie, avait écopé d’une peine de 25 ans de prison après avoir battu à mort une fillette russe de deux ans.

En 2008, une autre Américaine, Kimberly Emelyantsev, avait été condamnée a 15 ans de prison en Utah pour le meurtre d’un enfant russe qui était sous sa garde.

(TVA Nouvelles)

Autres articles

US Mother Returns Adopted Russian Boy like Pair of Shoes (8 avril 2010). L'agence d'adoption, qui était en charge des questions de la vie d'Artyom dans la famille d'accueil américaine, a déclaré deux semaines avant que le garçon se portait très bien. Photographies de la famille heureuse et du garçon heureux étaient jointes au rapport.

Boy sent back to Russia; adoption ban urged (9 avril 2010).
La Russie a menacé de suspendre toutes les adoptions d'enfants par les familles américaines, vendredi après qu'un garçon de 7 ans, adopté par une femme du Tennessee, ait été envoyé seul sur un vol aller-simple pour Moscou avec une note disant qu'il était violent et avait de graves problèmes psychologiques.

'Average Little Boy' or Menace? Witness Describes 7-Year-Old's Trip Back to Russia (10 avril 2010).
C'était "un petit garçon ordinaire qui voulait jouer", a déclaré une personne à bord du même avion que l'enfant. La description contraste avec la note que sa mère américaine, Torry Hansen de Shelbyville, Tennessee, a envoyé avec le garçon, disant qu'elle ne voulait plus prendre soin d'Artyem Saviliev, et que "le garçon est instable, violent et a de graves problèmes/comportementsde psychopathes."

Artyem a pleuré quand il a été interrogé sur sa famille en Amérique; il a dit que sa mère lui tirait les cheveux et sa grand-mère criait toujours après lui.

Returned Russian Adoptee Celebrates 8th Birthday (16 avril 2010): Le garçon de Russie retourné à Moscou la semaine dernière par sa mère adoptive américaine a passé son huitième anniversaire à l'hôpital où il a séjourné depuis son retour. Les offociels américains de l'ambassade à Moscou ont également pu visiter Artyom, disennt qu'il est "un garçon très heureux."

Liste des aticles sur Artem Justin Hansen (Artem Saveliev) sur le site PPL

10 mars 2010

Adoption éthiopienne tourne mal

Un couple d'Australiens a abandonné leurs enfants adoptés éthiopiens aux mains des autorités après avoir été incapable de surmonter le fait que ces enfants étaient plus âgés que ne prétendaient les officiels africains.

Les deux enfants, qui ne peuvent pas être identifiés pour des raisons juridiques, étaient âgés d'environ deux et quatre ans de plus que ce qui est indiqué sur leurs documents et ils ont été adoptés par une autre famille australienne. Les parents qui ont renoncé à l'adoption ont dit qu'ils n'avaient pas les compétences pour traiter des enfants plus âgés et lesdites autorités devraient avoir vérifié les âges. Les enfants leur ont aussi dit qu'ils avaient un frère (ou soeur) plus âgé - un fait non déclaré dans la documentation sur leurs origines.

Détails dans l'article en anglais Ethiopian adoption went awry

1 oct. 2009

Elle abandonne son fils adoptif après 18 mois

18 mois après avoir adopté "D", Anita Tedaldi l'abandonne parce que D a des problèmes d'attachement. Elle aussi a des problèmes d'attachement: elle n'arrive pas à "se lier à lui au niveau viscéral comme elle l'a éprouvé avec ses filles biologiques", sans compter l'indifférence partielle de ses filles envers D.

Tedaldi explique pourquoi elle abandonne son fils adoptif dans le blog Motherlode de The New York Times.

Tedaldi a paru dans le Today Show de MSNBC du 1er octobre, dont voici le vidéo.





Une histoire très controversée. Allez lire les commentaires suite à l'article de Tedaldi sur The New York Times.

Les uns la condamnent, tandis que d'autres font éloge à son courage et la voient comme un héros (d'avoir sauvé un enfant d'un pays pauvre)...

Notes:

Dans les articles, il y a des divergences quant au pays d'origine de "D". Ceci s'explique par le fait que certaines personnes avaient fait remarquer qu'il y avait trop d'informations pouvant identifier l'enfant, et ces info indentifiant ont été changées.

Il y a quelques mois, Tenaldi elle-même jugeait sévèrement le couple néerlandais qui a abandonné leur fille adoptive à Hong Kong ainsi que les autres parents qui abandonnent leurs enfants adoptifs.

Selon le PAL (positive adoption language), on devrait dire "planifier l'adoption" d'un enfant au lieu de "abandonner" un enfant. Tenaldi considère qu'elle a planifié l'adoption de son fils (adoptif) et que ce qu'elle a fait n'est pas différent de ce que fait une mère naturelle.

Notes vomitives:

Il existe plusieurs groupes de support pour ceux qui ont dissous/veulent dissoudre l'adoption d'un enfant.

Troublant le site suivant: Adoption Disruption Child Replacement Program. Remarquez que la plupart des enfants adoptés et retournés dans le système de placement sont des enfants qui avaient été adoptés internationalement.

11 sept. 2009

Libéria: qu'arrive-t-il à l'enfant lorsque l'adoption échoue?

Traduit de l'article Liberia: What happens to the Child When Adoption Fails? publié le 17 août 2009, sur le site The Liberian Journal par Heather Cannon-Winkelman

Libérie: qu'arrive-t-il à l'enfant lorsque l'adoption échoue?

Apprécions-nous vraiment tous les enfants indépendamment de leur situation ou condition? Depuis plusieurs années, j'ai réfléchi sur cette question, écoutant le débat hautement médiatisé de pro-vie versus pro-choix et je me suis demandée pourquoi il n'y a pas d'attention du public pour le grand nombre d'enfants qui ont été avortés par la société humaine. Eh bien, récemment, j'ai remarqué que cette forme d'avortement se produit de plus en plus avec les enfants dont les adoptions ont été dissoutes. Dans ces cas, les enfants sont rejetés à cause de problèmes de comportement violent -généralement qualifiés de "Trouble réactionnel d'attachement"- résultants souvent des traumatismes émotionnels non traités. Ces enfants abandonnés, qui sont généralement plus âgés et d'une autre ethnie ou nation, sont placés dans le système américain de familles d'accueil déjà surchargé; ou pour l'adoption internationale, ils sont retournés dans leur pays d'origine avec aucun système adéquat pour assurer qu'ils sont sains et saufs ou convenablement soignés.

J'écris ce message pour partager à propos d'un problème croissant qui se produit sans aucun contrôle réel ou système de surveillance pour suivre le nombre d'adoptions qui ont été dissoutes et pour veiller à ce que les droits fondamentaux des enfants sont respectés. Ce message sera axé sur la question "Qu'est-ce qui se passe à l'enfant lorsque l'adoption échoue?", en utilisant une histoire factuelle pour illustrer comment un enfant libérien déjà traumatisé a été encore plus blessé par son adoption dissoute. Toutefois, avant de commencer avec le but de ce message, je voulais partager mon expérience avec les adoptions qui m'a amenée à écrire sur cette question très importante.

Depuis mon jeune âge, j'ai vu et vécu le côté sombre de l'adoption trop de fois. Enfant, j'ai découvert comment deux frères d'âge préscolaire sont passés d'un foyer physiquement violent à un foyer émotionnellement négligent. Ils ont été adoptés par un couple sans enfant, qui plus tard ont pu donner naissance à deux enfants. Après la naissance de leurs enfants biologiques, ces deux frères ont souvent été verrouillés à l'extérieur et je me souviens de les entendre frapper à la porte de leur maison demandant: "Maman, je peux entrer maintenant." Le frère aîné, qui semblait le plus souffrir des traumatismes, a enfin soulagé sa douleur en se suicidant dans sa mi-vingtaine.

Adulte, j'ai été témoin de douleur émotionnelle d'une crise d'identité de l'adopté de la personne à laquelle je me suis consacrée près de 20 ans de ma vie. Il a dû vivre avec le fait qu'il a été adopté deux fois au cours de ses neuf premiers jours de vie, parce que la famille adoptive l'a rejeté pour ne pas s'intégrer dans leur communauté. Ce rejet a été surtout parce qu'il fait en partie amérindien. Il a en outre été stigmatisé avec l'adoption, quand il s'est vu refuser le droit d'obtenir son certificat de naissance réelle, ou même voir son dossier d'adoption pour en apprendre plus sur ses parents naturels [1].

Depuis 2005, j'ai observé et expérimenté le côté hideux de l'adoption internationale du Libéria. Ce pays fait partie d'une longue liste de pays en développement déchiré et appauvri par la guerre qui ont été exposés à des pratiques abusives d'adoption causant trop d'enfants à souffrir de cette industrie non réglementée générant des milliards de dollars. En fait, le Libéria a imposé un moratoire sur les adoptions internationales, le 26 janvier 2009 à cause des allégations de mauvaise gestion et de corruption. Cette interdiction dans tout le pays sera en vigueur jusqu'à ce qu'une nouvelle loi nationale [2]-The Child Act- soit approuvée par le gouvernement pour les adoptions internationales, et aussi la ratification des lois internationales telles que La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale et le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie infantile(OP-CRC).

Je pourrais continuer encore et encore sur les questions plus larges de l'adoption internationale à partir des recherches en cours que j'ai menées depuis juillet 2008. Toutefois, ce message est axé sur la façon dont les enfants sont affectés par les échecs d'adoption. C'est une préoccupation qui nécessite une attention de tous ceux qui sont impliqués dans l'adoption, parce que c'est une réalité pour les enfants qui ont subi une dissolution. Ce message n'est pas un forum anti-adoption, mais est plutôt centré sur ce qui est le mieux pour ces ces enfants tristement abandonnés et oubliés.

Pour mieux comprendre l'impact que d'une adoption dissoute sur un enfant, je vais commencer par une vraie histoire d'un garçon libérien, maintenant adolescent, qui n'était pas seulement une victime de la guerre civile du Libéria, mais aussi une victime de l'adoption internationale. J'ai choisi d'omettre toute information d'identification, parce que l'attention se porte ici sur ce qui peut être fait pour résoudre ce problème sans cesse croissant. Ensuite, je vais terminer avec une certaine analyse des raisons pour lesquelles ce problème se passe et comment il passe inaperçu.

Un garçon libérien: une victime de la guerre et une victime de l'adoption

Il s'agit d'une histoire d'un garçon préadolescent qui a été adopté en 2007 du Libéria par une famille américaine et comment son adoption a été dissoute dans les six mois après l'avoir amené aux États-Unis. Ce garçon est né dans un pays éprouvant une guerre civile brutale qui a duré 14 ans jusqu'à ce qu'il prenne fin en2003.

Pendant la guerre civile au Libéria, les chances de survie d'un enfant étaient au plus sinistre parce que l'accès à la nourriture, la médecine et la sécurité n'étaient pas évaluables. Et pour ce garçon en particulier, sa vie a tragiquement approché les statistiques des morts de la guerre du Libéria. C'était en un jour fatidique, ce garçon alors bébé a été grièvement blessé par une balle tirée d'un canon propulsé rapidement vers lui avant de percer à travers son crâne et cerveau encore développement. Cette balle est restée logée dans sa tête parce que les services médicaux n'étaient plus capables d'effectuer une telle opération délicate. C'est un miracle que ce garçon ait seulement survécu, et pour même marcher et parler après avoir connu une telle blessure grave et dangereuse.

Comme la guerre a effondré le système de soins médicaux au Liberia, il était difficile pour quiconque d'évaluer la gravité de ses blessures liées à son état physique, mental et émotionnel, mais il y avait quelques différences notables qui est devenu apparent alors que d'autres n'avaient pas encore été révélées. Physiquement, les muscles atrophiés avaient légèrement atrophié sur un côté de son corps. Mentalement, il y avait des signes que son développement de l'apprentissage serait retardé ou limité. Émotionnellement, d'abord il est apparu comme un garçon calme et réservé, mais plus tard, de nombreux traumatismes cachés allaient bientôt faire surface et parfois, devenir soudainement un volcan en feu.

Comme la nation commençait à s'occuper des dégâts après la guerre civile ait totalement détruit l'infrastructure laissant de nombreux Libériens dans l'extrême pauvreté, les chances de survie de ce garçon étaient toujours critique. La condition appauvrie d'après-guerre de père [3] le laissait dans l'incapacité de subvenir ou de prendre soin de son enfant avec des besoins spéciaux. Ce père était vraisemblablement accablé de soucis pour le bien-être de son fils et de désespoir parce qu'il n'y avait pas d'espoir pour son avenir. Toutefois, il trouverait bientôt un soulagement quand il a appris sur l'adoption. Son fils a été éventuellement placé dans une famille américaine qui semblait désireux et prêt à aider ce garçon spécial.

Après avoir rempli la paperasse et les documents judiciaires du pays, il était maintenant temps pour ce garçon d'être uni à sa nouvelle famille. Le père adoptif est arrivé seul au Libéria en juillet 2007, pour compléter visa de voyage son nouveau fils avant de le ramener chez lui au reste de la famille américaine l'attendant avec impatience. Les premiers instants où le parent et l'enfant se rencontrent sont remplis à la fois d'excitation et d'anxiété. Et comme tant d'autres nouveaux parents adoptifs, ce père était ravi quand il est devenu clair que ce garçon était son nouveau fils.

Dans les deux prochaines semaines où le visa de voyage était en traitement, ce nouveau lien père-fils avait eu le temps de devenir plus solidaire. C'était pendant ce temps que le père adoptif pouvait également évaluer l'état de son fils adoptif. Ce père adoptif, qui était pleinement conscient de la blessure de son fils, faisait part de ses raisons d'adopter ce garçon en disant aux gens que "Dieu a mis à cœur d'adopter et d'aider cet enfant." Il parlait aussi ouvertement d'avoir son nouveau fils évalué par des chirurgiens pour voir si la balle pouvait être enlevée et des quelques ressources pour aider à surmonter ses problèmes de développement. Il semblait prêt à relever les nombreux défis, connus et inconnus, pour cet enfant enfants traumatisé physiquement et émotionnellement alors que lui et son fils adoptif se préparaient à commencer leur voyage de retour aux États-Unis

Quelque temps après son arrivée aux États-Unis, ce garçon a été évalué et jugé admissible à recevoir la chirurgie réparatrice qui a réussi à enlever la balle de sa tête. Dès ce moment, il semblait que le passé tragique de cet enfant était terminé et une nouvelle vie allait commencer. Néanmoins, un jour tragique, ce garçon allait devenir douloureusement agité et ensuite menacé la vie de sa famille et la sienne. On ignore si cela s'est produit plusieurs fois, ou si cela a été causé par des lésions cérébrales et des traumatismes émotionnels probables résultant de sa blessure. Sans tenir compte de ces inconnues, la famille était prête à dissoudre son adoption dans les six mois suivant son accueil.

D'abord il y eut des tentatives pour le faire réadopter dans d'autres familles adoptives d'enfants libériens aux États-Unis, mais elles ont été infructueuses. Ainsi, au lieu de le mettre dans le système de placement des États-Unis, il a été renvoyé au Libéria à la fin 2008 ou début 2009. Actuellement, il vit dans l'enceinte de l'agence qui l'avait placé en adoption et l'environnement là n'est pas favorable à la vie au foyer aimant avec des parents aimants et soignants. De plus, il ne reçoit pas d'assistance émotionnel pour surmonter ce qui est probablement un syndrome de stress post-traumatique.

Son avenir est inconnu et ses chances pour une nouvelle adoption sont peu probables avec le moratoire du Libéria toujours en vigueur. Toutefois, même lorsque ce sera levé, les perspectives de son placement dans une nouvelle famille sont très douteuses dû à deux raisons. Premièrement, il y a une tendance croissante des adoptés libériens plus âgés qui sont rentrés au Libéria ou placés dans des foyers d'accueil américains parce que les parents ne pouvaient pas faire face aux comportements turbulents de l'enfant. Deuxièmement, les parents adoptifs dans leurs blogs conseillant de ne pas adopter d'autres enfants libériens âgés, parce qu'ils sont aux prises avec des accès émotionnels de leur enfant adopté qui peut devenir violent ou les problèmes de comportement qui comprennent le mensonge et le vol.

Il est très probable que son père soit conscient de son retour, et pourtant on ne sait pas pourquoi cet enfant ne vit pas avec lui. Il semble qu'après tout ce que ce garçon a traversé, son seul espoir est d'être réuni avec son père naturel. Par ailleurs, son père pourrait recevoir une aide financière pour prendre soin de son fils par versements de pension alimentaire parce que la famille adoptive est toujours obligée à cet enfant, indépendamment de la dissolution.

Dissolutions: pourquoi elles se produisent et pourquoi elles ne sont pas signalées

Cette histoire illustre comment une adoption dissolue peut faillir aux enfants et aussi leur causer un préjudice supplémentaire. Malheureusement, beaucoup de préadolescents et adolescents des pays en développement et d'après-guerre ont des histoires similaires. Beaucoup de ces enfants ont des anxiétés imprévues liées au trauma de la guerre, de l'institutionnalisation ou de la séparation de leurs parents biologiques. Si ces enfants ne reçoivent pas les soins appropriés de santé mentale pour leurs blessures émotionnelles, ils expriment leur anxiété par rage violente, soit par des menaces verbales ou par des agressions physiques. Souvent, les parents adoptifs ne sont pas préparés ou incapables de s'occuper des besoins affectifs de leurs enfants, et c'est ainsi que les enfants sont placés en famille d'accueil ou retournés à leur pays de naissance. Et dans certains cas notables, ces enfants traumatisés ont été violemment maltraités ou tués par leurs parents adoptifs qui étaient incapables de faire face à leurs problèmes émotionnels [4].

Aux États-Unis il y a eu plus de 200 cas signalés d'enfants, adoptés à l'échelle nationale ou internationale, ayant maltraités ou tués par leurs parents adoptifs. Les enfants qui ont survécu à cette violence ont subi des sévices physiques, des abus sexuels, de la négligence et des privations. En outre, de ces cas reportés, plusieurs enfants ont reçu l'enseignement à la maison, ce qui a contribué cacher les abus des autorités [5].

Malheureusement, les enfants adoptés d'autres pays ont connu la brutalité de la guerre, la cruauté de la pauvreté et le travestissement d'être institutionnalisés. Ajouté à ces traumatismes dévastateurs, les enfants adoptés doivent également s'adapter à une nouvelle culture, langue ou religion. La plupart de ces enfants ne sont pas correctement évalués ou traités par un expert en santé mentale. Au contraire, ces enfants sont souvent diagnostiqués ou étiquetés par de prétendus thérapeutes d'attachement [6] ou de leurs parents adoptifs comme souffrant de "troubles réactionnels de l'attachement(TA)", parce que l'enfant est incapable de s'attacher avec le parent. C'est généralement quand ce lien enfant-parent échoue que l'adoption se termine par une dissolution et TA est utilisé comme une excuse principale. Toutefois, selon la définition suivante de la Clinique Mayo, il est peu probable que la plupart de ces enfants aient souffert de TA puisqu'il est considéré comme une condition "rare":

Le trouble réactionnel de l'attachement est une affection rare mais grave dans laquelle les nourrissons et les jeunes enfants ne créent pas liens sains avec des parents ou des soignants.

Un enfant avec trouble réactionnel de l'attachement est généralement négligé, maltraité ou déplacé à plusieurs reprises d'un soignant à l'autre. Parce que les besoins essentiels de l'enfant pour le confort, l'affection et l'éducation ne sont pas remplis, il n'établit jamais les liens d'amour et d'affection avec les autres. Cette pourrait modifier définitivement le cerveau en croissance de l'enfant et nuire à leur capacité d'établir des relations futures.
Le trouble réactionnel de l'attachement est une affection permanente, mais avec des traitements les enfants peuvent développer des relations plus stables et saines avec les soignants et autres. Des traitements sains et prouvés pour le trouble réactionnel de l'attachement, incluent d'assistance psychologique et l'éducation du parent ou de l'aidant.

Ce qui est le plus saisissant est que beaucoup de ces dissolutions se produisent sous le radar. Actuellement, il n'y a pas de suivi ou de système de contrôle universel pour déterminer combien d'enfants ont connu un échec d'adoption et où ils sont placés. Aussi, il n'existe aucun système qui assure que ces enfants reçoivent les soins de qualité qu'ils méritent et l'assistance ou thérapie nécessaire pour traiter leurs problèmes de santé mentale causés leur déplacement. Cette absence de mécanisme de supervision a causé de nombreux enfants à se perdre dans le système et éventuellement oubliés. Pour l'instant, beaucoup d'enfants sont traités à travers des réseaux clandestins pour tenter de les faire ré-adopter sans passer par les voies appropriées et légales [7]. Ces tentatives pour dissimuler les dissolutions sont souvent des efforts des parents adoptifs ou des agences de placement qui évitent de divulguer ce fait défavorable. C'est probablement la façon dont tant d'enfants adoptés en dehors des États-Unis sont mis dans des avions et renvoyés dans leur pays de naissance pour languir dans l'incertitude.

Il y a des organisations qui fournissent une aide aux parents adoptifs et enfants adoptés en difficulté. Ils peuvent trouver réconfort auprès de quelques rares fournisseurs de ressources de dissolution d'adoption qui peuvent aider avec l'assistance,la ré-adoption, la prévention des dissolutions, et les soins de répit pour les enfants ou les parents. Toutefois, ces fournisseurs se spécialisent dans les enfants ayant des besoins spéciaux, jusqu'à l'âge de trois ans, certaines nationalités et divers États [8]. C'est pourquoi il doit y avoir un système global qui aide les enfants de tous âges et de toutes les nations avec ou sans besoins spéciaux, qui supervise tous les aspects de la pré- et post-processus de dissolution pour garantir les droits de l'enfant.

Comme la question de dissolution d'adoption continue sans surveillance, il y a eu peu d'attention accordée à ce véritable problème dans les nombreux forums en ligne ou des blogs de nombreux groupes de militants de l'adoption qui cherchent à gagner dans cette industrie hautement profitable. Toutefois, il existe plusieurs adoptés adultes, parents adoptifs, les parents biologiques et des individus ou des groupes préoccupés qui prônent des réformes éthiques de l'adoption pour empêcher que les enfants soient davantage lésés par des pratiques abusives et frauduleuses ou traumatisés par les adoptions échouées.

Ces réformes éthiques doivent veiller à ce que ces enfants oubliés ne sont pas retournés dans des institutions indifférentes; ne sont pas perdus dans un système surchargé de placement familial; pas ne sont pas des sans-abris errant dans les rues; ne sont pas enfermés dans des centres de détention pour mineurs ou des camps de travail; ne sont pas sur-médicamentés pour hyperactivité ou étiqueté avec un trouble d'apprentissage; ne sont pas exploitées pour la prostitution et pour le travail; ne grandissent pas dans des foyers violents physiquement, émotionnellement et sexuellement abusif; et ne s'enlèvent pas leur propre vie parce qu'ils ne peuvent plus supporter la douleur d'être invisible.

Toutefois, pour ce garçon libérien et tant d'autres enfants adoptés, il n'y a pas de réformes qui assureront que leurs droits sont protégés après la dissolution ou qui garantiront que leurs besoins émotionnels et physiques sont rencontrés. C'est pourquoi il est urgent d'explorer et d'examiner cette question pour créer des politiques éthiques qui reconnaissent ces enfants souvent abandonnés et rejetés. En tant que communauté mondiale, nous devons empêcher que ces enfants soient avortés par la société ou dévalués comme étant "irréparables" ou "trop difficile à gérer." Au contraire, nous devons répondre à leurs besoins en soins de santé mentale pour alléger leurs souffrances des traumatismes émotionnels accablants. En s'assurant que tous les enfants sont valorisés en tant qu'êtres humains précieux, nous pouvons garantir leur droit inaliénable d'être reconnus, aimés et protégés.

Notes:

[1] Confidentiality and Seal Records. “Anonymity and new birth certificates were both consistent with matching, which set out to make new families “as if” they had been made naturally. Confidentiality was converted into secrecy only after World War II. Secrecy meant that even adult adoptees, to their great surprise and frustration, could not obtain information about their births and backgrounds. The intentions behind confidentiality were benevolent, but sealed records created an oppressive adoption closet. Even though sealed records were recent inventions, rather than enduring features of adoption history, they were largely responsible for the adoption reform movement that gathered steam in the 1970s.” The Adoption History Project.

[2] Liberia has been operating with no adoption law pertaining to international adoptions. The government has been using an archaic law, an article within the Domestic Relations Act, for domestic adoptions and it was lacking clear oversight and regulation of the process.

[3] The mother’s fate is unknown.

[4] New adoption death alarms Russian. In this 2005 BBC News article, it cites how 14 adopted children have been murdered abroad and mandates the need for adoptive parents to “undergo mandatory parenting courses and psychological testing.” This comes after another reported case of a 2-year-old Russian girl being killed by her adoptive U.S. mother. BBC News 15 Jul 2005. According to the Congressional Coalition on Adoption Institute (CCAI) at least 12 Russian children have been killed by U.S. adoptive parents.

[5] Pound Pup Legacy, an advocacy for child safety within the foster care and adoption system, has compiled all known cases of children who have been abused or killed by their adoptive parents.

[6] According to the American Psychological Association, the terms ‘attachment disorder,’ ‘attachment problems’ and ‘attachment therapy’ are increasingly being used; but have no clear, specific, or consensus definitions (APSAC, 2). Though attachment therapy is a young and diverse field, the benefits and risks of many attachment related treatments remain scientifically undetermined. Controversies have arisen over certain attachment therapy techniques such as “rebirthing” or other types of coercive restraining methods have been implicated in several child deaths and other harmful effects (APSAC, 3). According to proponents, attachment disordered children crave power, control and authority, are dishonest, and have ulterior motives for ostensibly normal social behaviors (APSAC, 6). They are labeled within some treatment or parent communities as simply “RAD’s,” “RAD-kids” or “RADishes.” Thus, the conceptual focus for understanding the child’s behavior emphasizes the child’s individual internal pathology and past caregivers, rather than current parent-child relationships or current environment (APSAC, 7). Report of the Apsac/Apa Division 37 Task Force On Attachment Therapy, Reactive Attachment Disorder and Attachment Problems 2006.

[7] Underground Network moves children from home to home. This 2006 USA Today article investigates the issue of Tennessee couple running an underground network for a disrupted adoptions and also being charged with abuse of their own adopted children. Ronald Federici, a neuropsychologist in Alexandria, Va., and author of Help for the Hopeless Children who has adopted seven children was cited saying "Dump and run — it happens all the time." says Ronald Federici, a neuropsychologist in Alexandria, Va., and author of Help for the Hopeless Children who has adopted seven children…. He says there are hundreds of e-mail chat rooms in which people who adopted children are trying to find new homes for them outside the public system…. "They don't want to sell the kids. They just want to get rid of them," he says, explaining the children may have health problems the adoptive parents never expected. "It's not the merchandise they bought." He says many of these parents are looking for the cheapest and fastest placement. USA Today 18 Jan 2006 by Wendy Koch.

[8] The Joint Council on International Children’s Services (JCICS) website lists eight adoption disruption resources offering a range of services.

15 juil. 2009

Deux enfants retournés après six ans à cause d'une dépression post-adoption

Six ans après avoir adopté deux garçons, Michelle Brau était incapable de créer un lien avec eux. Maintenant, ces garçons se trouvent dans une nouvelle maison. Elle aurait souffert d'une condition que plusieurs ne comprennent pas encore: la dépression post-adoption.

La minute qu'elle a posé ses yeux sur son fils adoptif, un garçon guatémaltèque de sept mois, Michelle Brau savait que quelque chose n'allait pas.

Au lieu de la joie, elle a ressenti de la peur. Au lieu de vouloir réconforter l'enfant, elle s'est trouvé à ne pas le vouloir du tout. Les émotions négatives l'ont attaquée par surprise.

Elle et son mari, Jim, aspiraient adopter et ajouter à leur famille de quatre enfants biologiques.«J'aime les enfants», dit Mme Brau, qui vit dans Springville, Utah.

Mais elle n'a pas pu se mettre à aimer son nouveau fils en bonne santé, ni un deuxième garçon de 2 ans que le couple a adopté en provenance du Guatemala quelques mois plus tard.

Mme Brau dit qu'elle supposait que son affection pour eux grandirait avec le temps. Toutefois, pendant plus de cinq ans, elle a évité leurs étreintes et a été plus sévère avec eux qu'avec les autres enfants.

C'est ce que rapporte Globe and Mail, le 13 juin 2009, dans These boys deserve so much more than I can give them où on pourra lire la suite dans la version originale anglaise.

Dans la suite de l'article, on aborde la dépression post-adoption. C'est ce dont Mme Brau aurait souffert.

J'aime l'honnêteté de cette dame, mais j'ai quand même du mal à ressentir de la sympathie pour elle. Mme Brau savait qu'elle ne pouvait aimer son premier fils adoptifs, et malgré cela, elle a adopté un deuxième enfant quelques mois plus tard. Quant à l'époux de Michelle Brau, on ne sait pas s'il a pu créer un lien d'affection avec ses fils adoptifs. Lorsqu'elle s'est confiée à lui, il a cherché sur l'internet et a conclu qu'elle souffrait de dépression post-adoption.

Ils ont donc contacté une agence pour leur trouver une nouvelle famille adoptive. Depuis que leurs adoptions ont été dissolues, la dépression est partie et la dame se sent à nouveau elle-même.

Beaucoup de parents adoptifs comparent l'adoption à une grossesse. Ils appellent ça "grossesse sur papier". Certains disent même que c'est plus difficile qu'une vraie grossesse parce que c'est plus long, d'autres disent que c'est mieux parce qu'ils ont porté leurs enfants "dans leurs coeurs" au lieu les porter dans leurs ventres. Mais, la dépression post-adoption est certainement très différente de la dépression postpartum à moins qu'il existe aussi des cas de dépression postpartum qui ait duré six ans.

These boys deserve so much more than I can give them

Six years after adopting two boys, Michelle Brau was still unable to form a bond with them. Now they're in a new home. She may have suffered a condition many still don't understand: post-adoption depression.

The minute she laid eyes on her adopted son, a seven-month-old Guatemalan boy, Michelle Brau knew something was wrong, she says.

Instead of joy, she felt dread. Instead of wanting to comfort the infant, she found herself not wanting him at all.

The negative emotions blindsided her, Ms. Brau says. She and her husband, Jim, had yearned to adopt and add to their family of four biological kids.

"I love children," says Ms. Brau, who lives in Springville, Utah.

But she couldn't bring herself to love her healthy new son, nor a second boy, aged 2, whom the couple adopted from Guatemala months later.

Ms. Brau says she assumed her affection for them would grow with time. For more than five years, however, she avoided their hugs and was more strict with them than with her other children, she recalls.

Consumed by guilt and shame, she told no one about her inability to bond with the adopted boys.

"I felt like a monster," she says. "I longed to be dead."

When she finally confided in her husband six months ago, he did some research online and concluded she had post-adoption depression, a condition being studied by researchers but not yet recognized as a psychiatric disorder.

According to adoption professionals, post-adoption depression can range in severity from a few weeks of the blues to a major depression that lasts months or longer. Like postpartum depression, it may bring intense feelings of anxiety and guilt, fantasies of running away, and suicidal thoughts.

Ms. Brau consulted two therapists, she says, but her feelings of desperation did not change.

So this spring - nearly six years after they adopted the Guatemalan children - the Braus contacted an agency to find them a new adoptive home.

"These boys deserve so much more than I can give them," Ms. Brau says, adding that her depression has lifted since the adoption was dissolved last month. "I feel like me again."

The Braus' case may be extreme but the potential consequences of post-adoption depression are recognized by a growing number of adoption professionals.

Left untreated, it can lead to the breakdown of the adoption, says Brenda McCreight, an adoption counsellor in Nanaimo, B.C. "I've seen it break up marriages too."

Post-adoption depression didn't have a name until 15 years ago, and it remains a new area of research. Early studies suggest it's "as prevalent, or more so, than postpartum depression," says Karen Foli, who co-authored The Post-Adoption Blues with her husband John Thompson, a child psychiatrist.

A study published last month in the peer-reviewed Journal of Affective Disorders found the rate of depression in women after adoption was about 15 per cent - the same rate found in women who have given birth.

Dr. Foli, a professor of nursing at Purdue University in West Lafayette, Ind., is partway through a study to assess whether the tools used to diagnose postpartum depression are valid to screen for post-adoption depression. Unlike mothers with postpartum depression, who have a biological explanation for their bleak mood, adoptive mothers cannot attribute their depression to a sudden drop in estrogen levels (although some researchers suggest that nurturing an adopted child may trigger hormonal changes).

"We desperately need to understand it more," she says.

The syndrome appears to be more common in women than in men, Dr. Foli says, since women tend to be the primary caregivers. Stress, sleep deprivation, lack of social support and a history of depression can put women at greater risk for post-adoption depression, according to experts in the field.

Also, many adoptive mothers have no parenting experience, notes Sandra Scarth, president of the Adoption Council of Canada. For a career woman who has enjoyed years of freedom, the demands of parenting can be a shock, especially if the child isn't attaching to her well.

"Suddenly she's home all day with a child who really doesn't like her very much," Ms. Scarth explains.

When depression strikes, adoptive mothers are often secretive about it. They feel pressure from family and friends to rejoice in the child they brought home after years of waiting, often at huge expense.

Most are reluctant to seek help from social workers, fearing the child may be taken away - an unlikely event, according to Dr. McCreight.

Nevertheless, an estimated 11 to 18 per cent of adoptions break down for various reasons during the probationary period (usually at least six months), according to American researchers, and about 2 per cent of adoptive families cannot cope after the adoption is finalized. In both cases, the child returns to child-welfare authorities and may be readopted.

As awareness of post-adoption depression grows, some agencies are addressing the syndrome in their pre-adoption training sessions. But people who long for children tend to believe it won't happen to them, says Dr. McCreight, who has adopted 12 times.

"We think we're going to be the most wonderful parents and we're going to form a family identity with no problem - and that's not going to happen."

The expectation of "falling in love" with a child at first sight may be unrealistic, according to Dr. Foli, since most relationships take time to blossom and mature.

But the guilt of not bonding with a child immediately can be "overwhelming," says Dr. Foli, who coped with depression after she adopted her daughter from India about 10 years ago.

For Dina Rodrigues, post-adoption guilt cut deep. She sank into melancholy and began to feel "really run down" a month after she brought her 11-month-old daughter, Sierra, home from China, she says.

Ms. Rodrigues had no problem caring for her daughter's physical needs, she recalls, but she worried she wasn't connecting with her emotionally.

"It's like you have this amazing, wonderful child and you can't really enjoy them," says Ms. Rodrigues, who lives in a suburb of Detroit.

Her anxiety intensified when her husband, Ashok, bonded with Sierra easily. "I just felt there was something wrong with me," she says.

Having suffered from depression earlier in life, Ms. Rodrigues says, she recognized the signs. Five months after the adoption, she saw a therapist and started taking antidepressants "for my daughter's sake."

When a parent gets depressed, it doesn't mean the adoption has failed, says Dr. McCreight. "It just means that you should get help, get it fixed and move on as a family."

Major depression requires prescription medication, she says. As well, a post-adoption counsellor can help parents find ways to get child care and emotional support.

After Ms. Rodrigues began treatment, her daughter fell ill with a stomach virus and wanted to be held by her day and night. The event marked a turning point in their relationship, Ms. Rodrigues says.

"I was able to be emotionally there for her, and I think she saw that."

That was two years ago, she adds, and they've had a close connection ever since.

15 déc. 2008

Retournés à l'expéditeur

Voici des histoires qui se sont déroulées à différentes époques dans différents pays.
Des histoires différentes qui se résument de la même façon. "Produits Enfants retournés à leurs expéditeurs/producteurs pour différentes raisons."
Ces raisons: produit enfant défectueux, l'arrivée d'un meilleur produit enfant ou plus neuf jeune, l'arrivée d'un nouveau bébé...

De la Hongrie à l'Amérique, et vice-versa: deux adoptions qui se terminent par un retour à l'expéditeur.(Traduit de l'article Unwanted Children / From Hungary to America, and Back : Two Adoptions End in Return to Sender écrit par Peter S. Green, publié dans International Herald Tribune, le 11 août 1998.

EGER, Hongri: Quand ils ont quitté le foyer pour enfants en 1996, Gabor, 7 ans, et Karoly, 8 ans, espéraient un avenir radieux en tant que nouveaux fils adoptifs de deux couples américains dans la riche banlieue du Connecticut.

En mars, les garçons (leurs noms sont maintenant officiellement Gabriel Petrosino et Jeremy Harper et leur langue est maintenant l'anglais) se sont retrouvés en Hongrie, livrés avec peu de bruit à la porte de l'orphelinat principal de Budapest, chacun avec deux sacs de vêtements et des jouets, et une vie de cicatrices émotionnelles.

Leurs parents adoptifs en avaient eu simplement assez. Ils ont dit que les garçons étaient des enfants de l'enfer, violents et caractériels. Ne voulant pas et incapables de s'intégrer, ils ont détruit la vie de leurs familles adoptives.

Les adoptions ne sont pas destinées à être dissoutes à tort comme des mariages, et dans le cadre d'un traité des Nations Unies pour la protection des enfants, ils ne peuvent pas l'être. Mais les lacunes juridiques en Hongrie et aux États-Unis, qui n'ont pas signé le traité (note hors traduction: les deux pays font maintenant partie des pays signataires du traité), ce qui signifie que l'annulation des adoptions des deux garçons n'était pas plus difficile qu'un divorce ordinaire.

Les deux garçons sont maintenant de retour en famille d'accueil, mais les responsables hongrois disent que le cas a révélé le côté sombre du système d'adoption de la Hongrie, qui ne prépare pas ou n'examine pas les futurs parents comme il faut et ils suspectent que le système est criblé de corruption et même de procédés malhonnêtes pour vendre des bébés.

Deux avocats des parents ont déclaré que les parents avaient ramené les garçons à la Hongrie et ils ont demandé que leurs adoptions soient annulées quelques jours avant que les autorités de protection de l'enfance dans le Connecticut allaient enlever un garçon de sa famille. Les avocats ont dit que Gabor avait faussement accusé ses parents d'abus parce qu'il voulait être renvoyé à la Hongrie.
Mais les responsables hongrois ont déclaré que renvoyer les deux, comme une paire de jeux vidéo défectueux, était un choc cruel, et que de nouveaux foyers auraient dû être trouvés pour eux en Amérique.

Tout ce que les parents ont déclaré quand ils ont laissé les garçons à l'entrée du foyer pour enfants à Budapest a été "bye", a signalé l'avocat hongrois des parents, Istvan Fekete.
'J'ai été un peu choqué moi-même", dit M. Fekete. "Je sais qu'ils ont vécu ensemble pendant deux ans." Mais il a déclaré que les garçons étaient en apparence impassibles à propos d'avoir été retournés.

"J'ai dit, 'Savez-vous que vos familles ne veulent pas de vous?" Ils ont tous les deux dit, "O.K." Il n'y avait pas de tristesse", a-t-il rappelé.

"Maintenant, l'adoption semble être une transaction commerciale", a déclaré Maria Herczog, directrice de l'Institut national de la famille et des enfants de la Hongrie. "Les parents peuvent choisir et amener des enfants à la maison, et s'ils ne les aiment pas, ils peuvent les ramener."

Et c'est dévastateur pour les enfants, dit Mme Herczog. "Ils ont à apprendre pour la deuxième ou la troisième fois qu'ils ne sont pas voulus", a-t-elle dit. "Ils apprennent qu'ils ne sont pas assez bon pour personne, d'être aimé. Et quand ils grandissent, vous pouvez voir quels bons pères ils deviendront?"
Les autorités hongroises mènent une bataille judiciaire contre l'annulation des adoptions de Gabor et de Karoly, craignant qu'une vague de malheureux parents étrangers retournent simplement leurs enfants adoptifs problématiques.

L'avocat américain des parents, Sheri Paige, a dit que les garçons étaient tellement endommagés de manière émotionnellement avant même d'arriver au Connecticut que leurs parents adoptifs avaient dû les renvoyer ou risquer de détruire leur propre famille.

Mme Paige dit que les garçons souffrent de "trouble de l'attachement, "la conséquence de passer la petite enfance sans attachement émotionnel à une mère.

Mme Paige dit que ni l'orphelinat, ni l'agent d'adoption, une avocate du Connecticut nommée Maria Tomasky, n'avait déclaré à ses clients les garçons avaient des antécédents d'abus.

"Ce que Maria et l'orphelinat n'ont pas dit à mes clients, c'est qu'il avait une mère tzigane de 15 ans prostituée et toxicomane qui me venaient chaque semaine à l'orphelinat et dormait à côté de lui et revenait", a dit Mme Paige en parlant de Gabor.

"Quand il a appris l'anglais, la première chose qu'il dit: "Je ne veux pas être adopté, j'ai une mère et une soeur. J'aime ma mère et ma sœur. Je voudrais retourner en Hongrie." "Gabor, dit-elle, était si malheureux dans la ville huppée de Wilton du Connecticut qu'il a attaqué son tuteur anglais et il était si perturbateur que son école a insisté pour que sa mère adoptive le surveille toute la journée. Karoly, dit-elle, s'est comporté plus mal envers sa famille adoptive. "Le gamin arrive en Amérique et commence à faire des avances sexuelles à leur fils de 12 ans", a dit Mme Paige. "Le gamin devient violent envers le bébé. Et il défèque en plein milieu du plancher du salon et il bat des enfants noirs parce qu'ils sont plus foncés que lui."

Mais la véritable difficulté a commencé, a dit Mme Paige, lorsque Gabor a dit aux enseignants que ses parents adoptifs le battaient et abusaient de lui. Karoly a fait les mêmes accusations. Les autorités ont enquêté à plusieurs reprises mais n'ont trouvé aucun signe de mauvais traitement, a déclaré Mme Paige. Ils ont seulement constaté que Gabor et de Karoly voulaient retourner en Hongrie.
Craignant que leurs propres enfants leur soient enlevés si les garçons continuent avec leurs accusations, les parents de Gabor, les Petrosinos, l'ont conduit à la Hongrie exhortés par Mme Paige, dit-elle. Le jour où ils ont rendu leur fils adoptif à l'orphelinat de Budapest, Mme Paige a dit qu'elle a dit à la famille Harper de venir à Budapest. Deux jours plus tard, Karoly était retourné à l'orphelinat.
En rencontrant Karoly avec sa nouvelle mère d'accueil Aranka Varadi, il ne paraît guère être la progéniture du diable. Il jouait normalement avec deux autres garçons tsiganes ou Roms, sous la garde de Mme Varadi. Tour à tour timide et un peu sauvage, il semblait être comme de n'importe quel enfant en santé de 10 ans.

Magdolna Nagy, directrice du foyer pour enfants d'Eger, a déclaré que les descriptions de Mme Paige répétées par les parents à une audience hongroise ne correspondaient guère aux garçons qu'elle connaissait. Au lieu de cela, dit-elle, les familles essayaient simple de rejeter le blâme pour l'échec.
"Il est clair qu'il lui avait besoin beaucoup plus d'attention de la famille et ne devait pas avoir été placé immédiatement à l'école", dit Mme Nagy de Gabor. Bien que ses parents adoptifs avaient engagé des tuteurs et des conseillers et avaient pris contact avec un prêtre de langue hongroise, Mme Nagy a dit qu'une chose était évidente: "Il semble que tout le monde essayait d'aider l'enfant, à l'exception des parents eux-mêmes."

Quand Gabor et de Karoly sont revenus, ils ont été en état de choc pendant des mois, dit-elle.
À l'instar de nombreux anciens pays communistes, les orphelinats hongrois manquant de personnel et d'équipement étaient remplis remplis d'enfants non désirés lorsque le rideau de fer est tombé. Mais la plupart ne sont pas des orphelins. Au lieu de cela, ils sont souvent des enfants gênants des parents frappés par la pauvreté de grande minorité rom de la Hongrie.

Beaucoup d'occidentaux sans enfant, voulant désespérément adopter des bébés à la peau claire, les ont trouvés dans l'Europe de l'est. Mais souvent, ils ne savaient pas que les enfants étaient disponibles seulement parce qu'ils étaient handicapés ou victimes d'abus si sérieux qu'ils ne pouvaient pas trouver de parents dans leur pays d'origine.

Mme Herczog et Mme Paige ont dit toutes les deux qu'ils pensaient que la corruption avait joué un rôle dans les adoptions de Gabor et de Karoly, ce qui expliquerait pourquoi les parents n'ont jamais appris que les garçons étaient troublés.

Mais Mme Herczog dit que quelles que soient les circonstances, retourner les garçons à la Hongrie était mal. "Je ne suis pas sûre que ces nouveaux parents puissent s'en sortir, et après une autre rupture, c'est fini, et ces enfants ne seront pas en mesure de s'attacher" , a dit Mme Herczog. "C'est une chose très effrayant. Ils ne feront plus confiance à personne."
Pour savoir plus sur Gabor et Karolyi en Hongrie, lire l'article Returned to sender.

Retournée après cinq mois, une adoptée roumaine poursuit le couple Canadien.
(Sources: Rejected Romanian adoptee sues Canadian couple du site New Zeland Herald publié le 17 février 2005.

Sent back after 5 months, adopted Romanian sues du site CBC.ca, publié le 16 février 2005.

Romanian suing Canadian couple over adoption dans CTV.ca, 17 février 2005.

Rejected adoptee launches $7M suit (Canadian couple send 9 yr old girl back to Romania) Toronto Star via le site FreeRepublic, 16 février 2005.

Une jeune mère d'origine roumaine poursuit le couple de Canadiens aisés qui l'a adoptée à l'âge de neuf ans, pour la renvoyer, cinq mois plus tard, à une vie de misère en Roumanie, deux jours après avoir adopté un autre bébé.

La poursuite a été déposée en Cour supérieure de l'Ontario [15 février en 2005], par Alexandra Austin âgée de 22 ans. Elle identifie son père adoptif comme étant l'éminent chirurgien-cardiologue Joseph Austin, aujourd'hui chef du service de chirurgie cardiothoracique de l'hôpital Overlake à Bellevue, dans l'Etat de Washington.

La poursuite vise également l'ex-épouse du médecin, Silvana Di Giacomo, les gouvernements canadien et ontarien, et les lignes aériennes Swiss International.
"Ils ont volé mon enfance. Ils ont volé mon avenir. Ils ont volé ma vie," a déclaré Alexandra en pleurant.

Le couple, qui vivait en Ontario à cette époque, avait déjà quatre garçons et voulait une fille. En 1991, les Austin ont persuadé le mère peu fortunée d'Alexandra de leur laisser amener sa fille au Canada même si elle n'était pas placée pour l'adoption.

Cinq mois plus tard, ils ont l'ont retournée seule en Roumanie, à la surprise de sa mère, deux jours après avoir adopté un autre bébé-fille.

À son retour en Roumanie, Alexandra s'est trouvée dans un vide juridique et apatride. Les Austin n'avaient pas annulé l'adoption, et les papiers de l'enfant avaient été modifiés, comme cela se fait habituellement dans ces cas, pour identifier son lieu de naissance comme étant le Canada. Résultat: les autorités roumaines ont refusé de la reconnaître. Elle s'est donc vue privée d'accès à l'école et aux services de santé. D'autre part, le Canada l'avait acceptée comme immigrante reçue lorsque son adoption avait été approuvée, mais comme elle avait quitté le pays avant que ses parents adoptifs aient déposé une demande de citoyenneté, elle n'avait pas la citoyenneté canadienne.

Alexandra n'a eu qu'une troisième année et vit dans un pays où la 7ième année est l'exigence minimale pour balayer des rues. Sa mère avait 7 autres enfants et ne pouvait pas lui payer une école privée. Alexandra a lancé le procès après avoir donné naissance à une fille qui a également été considérée comme une apatride, en Roumanie.

Parce qu'elle n'était pas une citoyenne canadienne, les agents consulaires du Canada a refusé de participer jusqu'à ce que les médias aient commencé à poser des questions, mais n'ont rien fait pour l'aider, a dit Alexandra.

Ann McElhinney, une journaliste irlandaise qui a contribué au documentaire, qualifie cette affaire d'"énorme tragédie" mettant en lumière les dangers des adoptions internationales. Selon elle, en dépit de la situation financière de la famille à l'époque, les autorités canadiennes savaient qu'Alexandra était entre de bonnes mains et n'auraient jamais dû permettre l'adoption.

"C'est une tragédie qu'elle ait été renvoyée, mais la plus grande tragédie, c'est qu'elle ait quitté la Roumanie en premier lieu", a déclaré McElhinney, qui comme Alexandra, veut mettre fin à toutes ces adoptions.

Note: Return to Sender est un documentaire, réalisé en 2005, sur Alexandra Austin.

De l'orphelinat à la maison puis de retour, mais maintenant Tristan se trouve là où il fait partie.
(Traduit de l'article From orphanage to home and back, but now Tristan is where he belongs écrit par Ann O'Loughlin publié dans Independent.ie, le 24 février 2006).

Il était âgé d'un mois, et ses parents adoptifs avaient annoncé qu'ils l'élèveraient comme "leur propre chair et sang". Mais le sort du petit Tristan Dowse devait prendre une une tournure différente. Juste avant son deuxième anniversaire, son monde chaviré et il a été placé dans un orphelinat en Indonésie.


L'histoire aura à terme une fin heureuse, mais il y aura eu de nombreux virages et des rebondissements difficiles le long de la route de cet enfant destiné aux malheurs.
À l'époque, le petit garçon avec le passeport irlandais était instable et troublé dans son nouvel environnement.

Ne pouvant que parler en anglais, il criait "avec persistance et il était très instable et retiré".

Mais au moment de son adoption, en juillet 2001, Joseph et Lala Dowse avait de grands espoirs pour leur nouvel enfant, Tristan Joseph. Son deuxième nom est venu de son père adoptif irlandais, un comptable de Wicklow. À l'orphelinat indonésien, il a été renommé Erwin.

Perplexe
L'été dernier, toujours dans un orphelinat, le petit garçon a été décrit comme étant blessé, confus et quelque peu perplexe.
Hier, la Cour Supérieure de Dublin a bougé pour garantir son avenir.
M. le juge John McMenaminalso a révélé au cours de ses arrêts, la suite des événements qui ont mené Tristan à être placé dans l'orphelinat en mai 2003.
C'était la défense des Dowse, a déclaré le juge, que l'adoption de Tristan "n'a pas réussi", malheureusement "très peu ou pas de lien s'est créé."
Le couple a affirmé cela était devenu clair à peine un mois après l'adoption.
Ils ont dit que Tristan n'a pas réagi ou créé de lien d'une manière positive. Il se tourmentait et était devenu agressif et bouleversé en présence de Mme Dowse.
M. Dowse a informé le Conseil d'adoption que l'adoption de Tristan et son nom a été inscrit dans le registre irlandais des adoptions étrangères en septembre 2001.
Mais les affaires ont ensuite pris une autre tournure pour Tristan, et ça allait avoir un impact modifiant sa vie future.
Selon une lettre adressée au Conseil par les avocats des Dowse, le 19 avril 2004, peu après l'inscription dans le registre des adoptions étrangères en 2001, les Dowse ont découvert qu'ils attendaient un bébé. Cette petite fille est née en Indonésie le 29 mai 2002.
Le juge a dit qu'il était indiqué dans la lettre que l'adoption de Tristan avait été "perturbé" par la grossesse de Lala et la naissance de la fille.
"Ainsi, le lien requis ne s'est pas créé", a dit M. le juge McMenamin, ajoutant que cela différait des précédentes assertions à propos du moment où l'absence de lien avait commencé.
Les Dowse ont dit qu'ils ont appelé un psychologue et l'avis était que la poursuite de l'adoption n'était pas dans le meilleur intérêt de Tristan. Ils ont considéré le placement en famille d'accueil ou la recherche de la mère naturelle, et les conseils juridiques en Indonésie ont suggéré que le garçon pourrait être ré-adopté là.
En mai 2003, les Dowse sont retournés à la cour au sud de Jakarta pour un ordre de renonciation de la garde de Tristan à des tiers désignés.
Tristan a été placé dans un orphelinat dans le district de Bogo au sud de Jakarta. Il était l'un des deux seuls enfants de moins de cinq ans.

Le tribunal avait entendu comment les Dowsesle se sont mariés à Azerbaïdjan en juin 2000. Mme Dowes, qui est de l'Azerbaïdjan et est un médecin, a rencontré M. Dowse pendant qu'il travaillait à Bakou.
Un travailleur social supérieur du Conseil d'adoption irlandais, Patricia Smyth, qui a visité Tristan à l'orphelinat, a trouvé qu'il était un enfant intelligent et communicatif.
"Mme Smyth est d'avis que l'attachement entre Tristan et sa famille adoptive aurait été fermement établie et consolidée au cours de la période de séjour avec eux", a dit le juge.
Tristan ne parle que l'anglais. Il a dû s'habituer à utiliser indonésien quand il a déménagé au foyer et, en outre, il dû s'adapter au changement de son nom.

"Il est probable que Tristan ait développé une méfiance à l'égard des adultes à la suite de ce qui lui est arrivé", a dit le juge.
En mai 2005, Tristan a été transféré à l'orphelinat de l'État orphelinat où les conditions ne sont pas les mêmes et il a dû dormir dans la même chambre que 34 autres enfants.
Le juge a déclaré: "Dans un formulaire signé par les candidats dans le but de l'adoption originale, le 25 juillet 2001, ils ont écrit qu'ils souhaitaient élever Tristan comme s'il était de leur propre chair et sang". Ce qui s'est produit est difficile de concilier avec cette déclaration. Il est difficile de concevoir l'effet traumatique dont ces changements doivent avoir eu sur ce jeune enfant".

Abandon
Après le placement de Tristan à l'orphelinat, le couple est retourné à l'Irlande avec leurs deux autres enfants pendant 10 jours, mais le juge a dit qu'il n'avait pas tenté d'informer les autorités d'adoption.
M. Dowse a dit alors qu'il était facile maintenant de regarder en arrière en recul, ce que lui et sa femme avaient essayé de faire était de prendre la meilleure décision qu'ils pouvaient à l'époque, dans l'intérêt de Tristan. Ils étaient d'avis s'ils pouvaient amener sa ré-adoption tout en évitant que le problème devienne public alors l'intérêt de l'enfant serait protégé.
M. Dowse a témoigné qu'il avait donné un total de 1900$ à l'orphelinat tandis que le garçon était là. L'an dernier, les Dowse ont déposé à la cour pour renoncer à l'enfant dans le sud de Jakarta tribunal.
Tristan vit maintenant à Tegal avec sa mère naturelle, Suryani, dans la côte nord de Java, à 350 km de Jakarta. Il vit avec elle dans une maison appartenant à son arrière-grand-mère avec sa demi-fratrie, du précédent mariage de Suryani.
Le juge dit que la preuve indiquait que la famille de Suryani était au-dessus du niveau de la pauvreté, mais était néanmoins loin d'être à l'aise.

L'ambassadeur irlandais de Singapour et de l'Indonésie, Hugh Swift, qui se sont rendus à Tegal à la demande de la Cour Supérieure le 17 Octobre 2005, a dit que Tristan était apparemment en bonne santé et de bonne humeur. Enfin, il semblerait que le petit garçon a enfin trouvé le bonheur.
Pour plus de détails sur l'histoire de Tristan, cliquez ici.

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Je pourrais encore citer d'autres cas de produits d'enfants retournés à leurs pays d'origine mais je vais terminer en vous référant le cas Jade. En fait, Jade n'a pas été retournée à sa mère biologique, ni à son pays d'origine (Corée du Sud), elle n'a pas été non plus envoyée à un foyer d'accueil de son pays d'adoption (Pays-Bas), mais elle a été abandonnée dans un troisième pays (Hong-Kong) où ses parents adoptifs, diplomates néerlandais, avaient séjourné. Pour détails, cliquez ici et ici.
Est-il étonnant que certains adoptés se nomment eux-mêmes des "produits exportés de..."?

12 déc. 2008

Restitués à l'orphelinat

Traduction de l'article intitulé Devueltos al orfanato suivie par celui intitulé Las mil y una razones detrás del fracaso par Lola Galàn publiés sur le site El País, le 6 janvier 2008.

Restitués à l'orphelinat

Une adoption sur cinq débouche sur des situations dramatiques. - La bonne volonté ne peut pas toujours éviter la rupture.

Irina porte des noms espagnols (Précision hors traduction: tout Espagnol possède traditionnellement et officiellement deux noms de famille accolés, généralement celui de son père avec celui de sa mère. Et il se nomme dans la vie courante que par un seul, le dernier souvent. Picasso, Lorca, Zapatero... sont des noms de mamans) mais cela reflète seulement une légalité bureaucratique. Derrière, il n'y a ni foyer ni famille. Il y en a eu une pendant un temps, mais cela n'a pas fonctionné. La sienne est l'une des terribles histoires d'une adoption ratée. C'est un sujet dont on ne parle jamais, un sujet sur lequel pèse une sorte de tabou. Dans ce cas, c'est Irina qui a rejeté sa famille adoptive, mais elle ne s'en sent pas coupable. Elle avait seulement onze ans quand elle est arrivée en Espagne avec sa sœur, d'un orphelinat russe. "Je ne savais pas que je venais pour toujours. Je croyais que je pouvais retourner dans mon pays, là où vit ma mère. Les autorités nous ont séparées parce qu'elle buvait beaucoup mais on la voyait quand même de temps en temps". Ses premières paroles en espagnol furent "je veux retourner en Russie". Là a commencé un calvaire qui a pris fin dans un centre d'accueil espagnol plein d'enfants seuls comme elle.

L'histoire d'Irina (prénom fictif) est une tache dans les statistiques d'adoption internationale en Espagne, un phénomène qui a dépassé toutes les prévisions. Dans les dix dernières années, plus de 35000 enfants d'Europe de l'Est, de la Chine, du Népal, de l'Éthiopie, du Congo, de la Colombie, du Mexique et du Pérou ont trouvé un nid en Espagne. La plupart du temps, le refuge est chaud et confortable. Mais ce n'est pas toujours ainsi. Bien que le pourcentage d'adoptions ratées en Espagne soit encore très faible (autour de 1,5 %) Ana Berastegui, professeur de l'Université de Comillas et une des rares experts qui ont réalisé une étude empirique du sujet, a trouvé qu'une famille adoptive sur cinq "vit des situations très problématiques", au bord de la rupture.

Cette donnée, elle l'a obtenue en additionnant les cas de familles qui camouflent les tensions en envoyant les enfants en pensionnat dans les écoles et les cas de familles qui ne sont pas arrivées à digérer complètement l'adoption dans les quatre premières années de cohabitation, ce que les psychologues remarquent dans l'absence de "liens" entre parents et enfants. "L'adoption internationale est un phénomène récent ici. Quand les enfants atteignent à l'adolescence, il peut y avoir une crise si ces liens ne se sont pas forgés", dit Ana Berastegui.

"Les parents ont l'illusion ingénue que l'amour peut tout faire, mais il n'en est pas ainsi. Les enfants adoptés ont une histoire derrière, ils ont vécu l'adversité émotionnelle, et cela les marque", explique Jesús Palacios, professeur en psychologie évolutive de l'Université de Séville et expert en adoptions. Quand les problèmes surgissent il faut chercher de l'aide immédiatement. Sinon, il n'y aura pas de solution. Un mauvais pas laisse une trace pour toujours. Carmen Vilaginés, psychothérapeute et auteur du livre L'altra cara de l'adopció [La otra cara de la adopción] ( L'autre visage de l'adoption), s'est heurtée dans ses consultations avec des personnes détruites et au bord de la rupture. Elle en est arrivée à cette conclusion: " Toute personne qui adopte doit comprendre qu'il est nécessaire d'emmener l'enfant adopté chez le psychologue, tout autant que chez le dentiste".

Irina se souvient des nombreuses visites chez le psychologue qui n'ont pas arrangé ses problèmes. "Ma mère adoptive ne cessait pas de me reprocher que je voulais retourner en Russie, après tout ce qu'ils avaient fait pour moi. L'argent qu'ils avaient dépensé, les habits qu'ils m'avaient achetés, les jouets...Mais ils ne me laissaient jamais jouer avec... J'étais tout le temps en train d'étudier!"

Après une brève étape dans un centre d'accueil russe, elle est retournée en Espagne. "À mon retour, l'assistante sociale m'a demandé si je voulais retourner avec mes parents adoptifs ou vivre dans un appartement d'accueil avec d'autres enfants comme moi. Je lui dit l'appartement. Dans la maison de mes parents, je n'avais pas trouvé d'affection. Ils ne me laissaient même pas être avec ma sœur".

Les années ont passé. Irina, aux longs cheveux blonds et à la peau claire, a grandi dans des centres d'accueil d'un pays intialement étranger. Avec tout çà, elle ne se plaint pas maintenant. Elle a obtenu un brevet scolaire et a trouvé un travail où elle aide des personnes âgées qui ont des difficultés à bouger. "Ce qui n'est pas bon, c'est que je gagne seulement 600 euros". C'est peu de sous pour faire face aux frais d'une vie en solitaire, et quelques fois c'est bien décourageant. "Mieux vaut ne pas y penser" dit-elle dans un espagnol à l'accent sud-américain. Mieux vaut ne pas penser que tout aurait pu bien aller si ses parents avaient compris qu'elle était seulement une petite fille, un être incapable de cerner les conséquences de ses désirs. "Pourquoi ils ne m'ont pas compris?" se demande-t-elle. Le temps n'a pas cicatrisé les blessures. Les relations avec la famille adoptive n'ont pu se rétablir. "Le pire c'est que j'ai perdu ma sœur."

Lila Parrondo et Monica Orozco, psychologues du cabinet Adoptantis, qui conseille des parents adoptifs avec des problèmes, se sont heurtées à des cas semblables, des cas marqués par des désaccords déchirants. Les deux s'accordent à dire qu'un des problèmes le plus courant est l'obsession des parents à convertir des enfants arrivés de la Chine, de la Russie ou du Népal en enfants biologiques. "Tu voix comment ils réservent déjà une place à l'école pour l'enfant avant de l'avoir", dit Orozco "et là tu vois qu'ils ne se donnent même pas le temps de se connaître. Ils se refusent à accepter que cet enfant a besoin d'eux, qu'il vient avec l'expérience d'un abandon, et qu'il sera toujours différent des enfants biologiques". La vie se chargera alors de lui rappeler mille et une fois, quand il ira chez l'oculiste et qu'on lui demandera s'il a des antécédents familiaux pour sa myopie, ou quand à l'école, un professeur peu habitué insistera en répétant les sujets qui circulent sur son pays d'origine.

Le professeur d'université Jésus Palacios estime que dans quelques années le pourcentage d'adoptions ratées sera ici plus élevé, plus proche de celui des pays qui nous ont précédé sur ce chemin... Parce que l'adoption, dit-il, "est un gros pari sur quelque chose d'incertain", un pari que l'on peut perdre.

Quand Almudena P. (nom fictif) a compris cette réalité, il était déjà trop tard. Son conjoint l'avait quittée et elle était proche de perdre des amis scandalisés par sa décision d'abandonner sa fille adoptive aux autorités chargées des enfants mineurs. "Moi même, je ne me le suis pas entièrement pardonné", dit-elle. Il s'est passé beaucoup de temps depuis, mais elle a encore du mal a en parler. "Cela a été la pire expérience de ma vie. Beaucoup d'amis m'ont pointée du doigt, et les autorités m'ont accusée de frivolité, alors que ce n'est pas vrai. Je l'aimais beaucoup, j'ai essayé de la comprendre, mais je n'ai pas pu l'aider" dit-elle en contrôlant son émotion.

"J'avais 29 ans. J'étais obsédée par l'idée d'être mère. J'avais toujours eu l'idée d'adopter. Je me disais: pourquoi donner naissance à un enfant s'il y a des millions d'abandonnés dans le monde?". Almudena aurait préféré un bébé mais l'avocat qui traitait sa demande d'adoption lui a proposé Natalia, une magnifique fille de six ans internée dans un orphelinat de la Colombie. "Dès que je l'ai vue, je suis tombé amoureuse d'elle. Elle était si menue, si fragile... et avec des yeux si noirs". Les premières semaines ont été parfaites. Natalia était heureuse dans sa nouvelle maison espagnole avec sa propre chambre et de nouveaux vêtements. "Au début, elle semblait être une enfant obéissante jusqu'à ce que d'un coup elle a commencé à montrer un caractère terrible. Elle n'acceptait la moindre autorité, le moindre ordre. Elle avait de véritables crises de colère, elle se jetait par terre avec des convulsions identiques aux épileptiques mais elle n'avait rien, c'était de la pure colère".

Ainsi a commencé un calvaire de cinq ans. Almudena se plaint du fait que personne ne lui ait parlé des épines de l'adoption, qu'onlui ait seulement présenté un tableau tout rose. Miguel Gongora, président de la fédération d'associations d'aides à l'adoption (ADECOP), assure cependant que les ECAI (organismes de collaboration dans les adoptions internationales) s'occupent non seulement des contacts et des paperasses dans les pays d'origine des enfants, mais aussi de donner des cours aux parents et de les avertir des problèmes qu'ils peuvent rencontrer.

"Il n'y a pas d'altruisme dans l'adoption, mais un grand égoïsme", dit-il. C'est un processus long et épuisant, coûteux économiquement et émotionnellement, dans lequel, quelques fois, les attentes ne sont pas satisfaites. Almudena P. se souvient maintenant, en prenant un café, des pires moments de cette cohabitation entachée par cette tension permanente. "C'était comme si l'enfant n'avait pas de sentiments. Je ne me dis pas qu'elle me haïssait, mais elle ne supportait pas que les copains lui disent quelle jeune et jolie maman tu as !!! Selon les psychologues elle me voyait comme une rivale". A la fin Almudena, a jeté l'éponge. "Je me sens coupable, et cette culpabilité m'accompagnera toujours", reconnaît-elle consciente de ses erreurs.

"Un jour, en pleine crise, quand j'envisageais déjà d'abandonner la tutelle de Natalia, j'ai découvert entre la pile de documents d'adoption que j'avais signés presque sans lire un rapport horrible. Il racontait que la fille était la fille d'une prostituée de 16 ans, qu'elle avait vécu dans un bordel avec sa mère, et qu'elle avait été violée. Comment j'allais encaisser avec ma vie une créature qui en un peu plus de six ans avait subi plus de choses que moi en 29 ans ?"

De temps en temps, elle obtient de ses nouvelles. Elle sait qu'elle vit dans un pays latino-américain, qu'avec ses 20 ans elle est toujours aussi magnifique, et qu'elle continue de porter ses noms adoptifs. Légalement, elle est son héritière, sa fille. Elle le sera toujours. "Je suis en train de régulariser la situation avec mon actuel conjoint pour éviter qu'en cas d'accident elle puisse hériter de tout ce que j'ai. Je sais qu'elle ne l'utiliserait pas bien" dit-elle.

Irina n'attend pas d'héritage, mais elle croit que l'adoption est une bonne chose "Tant que les parents comprennent que leur enfant adoptif est né d'une autre personne, qu'il n'est pas venu au monde dans un avion, ni à Barajas (l'aéroport de Madrid), que c'est un être humain qui a eu une autre vie , qu'il a un passé". Un passé qu'elle ne veut peut-être pas oublier entièrement.

Les milles et une raisons d'un échec

Adopter est une entreprise qui demande une énorme motivation et une capacité à établir un lien indubitable avec l'enfant adopté. Le mécanisme de la coexistence est tellement complexe qu'une seule des petites pièces qui le composent peuvent détériorer fatalement la machine. Ce qui peut faire dérailler la machine est la conduite violente de l'enfant adopté; la distance énorme entre ce que les parents voulaient et ce qu'ils ont obtenu; une mauvaise motivation, comme celle de donner un petit frère à l'enfant biologique pour qu'il puisse jouer avec; prétendre combler un vide laissé par un enfant perdu, ou ne pas être préparé pour affronter les problèmes qui peuvent s'ajouter autour de toute adoption.

Une équipe d'experts se charge d'évaluer l'aptitude des aspirants. "Les choses se font avec beaucoup de sérieux. Il n'y a aucune frivolité dans ce processus", explique Montserrat Lapastorra, psychologue et membre depuis huit ans des "Relais d'intervention professionnels dans l'adoption Internationale (TIPAI) créés pour aider dans cette tâche la Communauté de Madrid. "Il y en a qui pensent que pour ces enfants, une famille imparfaite est mieux que de continuer dans un orphelinat, mais la question posée se trouve être entre une famille non adéquate et la possibilité d'en trouver une qui le soit". Lapastorra insiste sur le fait qu' "il ne s'agit pas de rejeter des gens parce qu'ils sont de mauvaises ou de bonnes personnes. Pas du tout. La seule chose que l'on évalue c'est la parentalité adoptive". Une sélection toujours imparfaite à celle qu'il faut ajouter, celle toujours plus exigente, des pays d'origine des enfants.

Note: traduit par Greg

30 nov. 2008

From Russia With Love -- Dealing With Difficult Adoptions

De l'émission 20/20 dans ABC News, 28 novembre 2008.

Adoptive Parents Say They've Struggled to Integrate Foreign-Born Children

By JUJU CHANG, JIM DUBREUIL and KETURAH GRAY