14 mai 2010

First Person Plural / In the Matter of Cha Jung Hee


First Person Plural

Documentaire personnel, sorti en 2000.

Durée: 56 minutes.

Cinéaste: Deann Borshay Liem.

Ce documentaire raconte l'expérience de Deann Borshay Liem, en tant qu'orpheline coréenne adoptée, grandissant dans une famille caucasienne dans une banlieue de East Bay, États-Unis. Sauf qu'elle n'était pas une orpheline, et dans la second moitié du film est consacrée à la localisation de sa mère et ses frères et sœurs et leurs réunions.

En 1966, un couple américain a adopté une "orpheline" coréenne nommée Cha Jung Hee, et l'a rebaptisée Deann Borshay. Personne n'a remis en cause l'authenticité des papiers d'identité de l'agence d'adoption, et personne non plus n'a tenu compte des déclarations de la petite fille à propos de sa famille encore en vie. Avec le temps, Jung Hee/Deann s'est bien intégrée dans la nouvelle famille et la mémoire de sa famille biologique s'est presque effacée, jusqu'à ce que des rêves récurrents mènent Deann à découvrir la vérité. Elle n'était pas une orpheline; sa mère n'était pas morte pendant son accouchement. Et ce qu'elle croyait être son nom de naissance, Cha Jung Hee, n'était pas son vrai nom. Alors que les souvenirs d'une enfance oubliée a commencé à émerger de son inconscient, sa vie a commencé à se désagréger.

Par la suite, Liem a découvert son vrai nom, Kang Jin Ok, et a trouvé sa mère et ses frères et sœurs biologiques qui vivent en Corée du Sud. Cha Hee Jung, que les parents américains de Liem pensaient avoir adoptée, avait été retirée de l'orphelinat à la dernière minute par son père. Liem a été envoyée à sa place, mais le directeur d'orphelinat lui a dit de ne jamais divulguer sa véritable identité. La découverte de Liem était déroutante pour ne pas dire plus. Qui était-elle, si elle n'était pas une orpheline? Pourquoi avait-elle été échangée? Qu'était-il arrivé à sa vraie famille? Pour tenter de réconcilier la coupure entre ses deux identités, Liem a uni ses familles biologique et adoptive, et a capturé son voyage dans un émouvant journal vidéo First Person Plural.

In the Matter of Cha Jung Hee

Documentaire, sorti en 2010.

Durée: 90 minutes.

Cinéaste: Deann Borshay Liem.

Après avoir réglé avec cette "agitation émotionnelle", Liem est retournée en Corée pour savoir ce qui est arrivée à la mystérieuse jeune fille, Cha Jung Hee, dont elle a pris sa place aux États-Unis.

Liem croyait que ce projet de documentaire --trouver Cha Jung Hee-- serait relativement facile en comparaison. Après tout, Liem possédait les documents d'adoption de Cha, des lettres qu'elle avait écrites à sa famille avant son adoption, et certains de ses biens. Mais ce n'était pas si facile. Comme cela a été capturé dans le nouveau documentaire, In the Matter of Cha Jung Hee, dont la première mondiale a eu lie au San Francisco International Asian American Film Festival, le 13 mars, Liem a découvert finalement une histoire encore plus compliquée qu'elle ne l'avait prévue.

"Je pensais vraiment que les nuages partiraient une fois que je l'aurais trouvée, et que je ... lui redonnerai tout et que ça me libérerait en quelque sorte de cette ombre dans ma vie", a dit Liem. "... Mais ça s'est avéré être vraiment un voyage à propos de trouver moi-même, je suppose, et d'embrasser ma vie ici aux États-Unis et réclamer ma vie, pas nécessairement à avoir à vivre la vie de quelqu'un d'autre ou les attentes d'avoir à être quelqu'un d'autre. Et ce fut un voyage ntérieur compliqué."

Son histoire personnelle difficile a rendu d'autant plus compliqué à s'engager à filmer. C'est pourquoi il a fallu plusieurs années à Liem pour achever In the Matter of Cha Jung Hee. Alors qu'elle raconte à nouveau une partie de son histoire d'adoption qui a été racontée dans First Person Plural, In the Matter of Cha Jung Hee approfondit, en explorant des questions sur l'identité et la mémoire à travers des séquences oniriques, en racontant chronologiquement sa recherche pour la vraie Hee Cha Jung, et en examinant et de en critiquant la politique de l'adoption de la Corée du Sud dans le contexte historique de la guerre de Corée.

Après la guerre, des milliers d'enfants en Corée du Sud ont été envoyés à l'étranger pour être adoptés, la majorité aux États-Unis et en Europe. Ayant début initialement comme un effort humanitaire, l'adoption est devenue une affaire motivée par le profit.
En dépit du fait que la Corée du Sud se range vingt-cinquième au monde en termes de population, le pays a envoyé le plus grand nombre d'enfants à l'étranger, environ 200 000. Cela a atteint un sommet en 1985, selon Liem, lorsque 9 000 enfants ont été envoyés en un an. La plus grande concentration aux États-Unis est à Minneapolis.

Cependant, des décennies plus tard, alors ces enfants ont grandi et ont atteint la majorité, beaucoup d'entre eux sont allés chercher leurs familles de naissance en Corée du Sud, souvent armés de caméras vidéo. Ils ont produit des documentaires, de la poésie, et des mémoires. Relier les adoptés coréens avec leur patrie est devenu une véritable industrie familiale. Aujourd'hui, il y a "des visites patrimoniales", des camps, des organisations, des tests d'ADN, et des cours de langue. Des milliers d'adoptés retournent en Corée chaque année. "Je pense que lorsque la Corée envoyait les enfants à l'étranger au début, personne ne pensait qu'ils reviendraient un jour ou qu'ils trouveraient les familles de naissance", a dit Liem.

En ce sens, First Person Plural était révolutionnaire pour les adoptés coréens. Ayant été projeté sur la chaîne PBS, il a gagné une large exposition, aidant à ouvrir la porte à des discussions sur les questions des adoptés. L'Internet a de plus aidé à connecter d'autres adoptés, qui étaient autrement isolés les uns des autres. Liem croit que le grand nombre d'adoptions en provenance de Chine, qui ont commencé au début des années 1990, va conduire à une culture aussi vaste des mémoires de retour et d'expression artistique lorsque ces adoptés atteindront l'âge adulte dans les prochaines années.

Bien que les mérites de l'adoption sont nombreux, Liem remet aussi en questionne l'histoire et la politique de l'adoption en Corée du Sud. Malgré le fait que la Corée se soit rapidement modernisée depuis ses racines déchirées par la guerre, Liem trouve un orphelinat en Corée du Sud plein de bébés abandonnés. "La plupart des bébés qui ont été adoptés de la Corée du Sud en ce moment sont ceux des mères célibataires", a déclaré Liem. "Et une partie de la raison qu'ils abandonnent leurs enfants est à cause du stigmate d'être une mère célibataire, ou de l'impossibilité de soutenir un enfant." Il y a un besoin pour un meilleur soutien social pour les familles monoparentales, dit-elle, et plus de promotion pour l'adoption nationale. Dans certains cas, les couples qui divorcent et se remarient, mettent leurs enfants dans un orphelinat. "Je veux dire, lâchez-moi un peut", a-t-elle dit. "Cela doit s'arrêter."

Parce que la stigmatisation de l'adoption est encore forte, Liem a obéi à la volonté de sa famille de naissance et n'a pas encore montré First Person Plural en Corée. Elle espère un jour ça va changer. Pourtant, comme Liem rencontre souvent pendant sa recherche pour Cha Hee Jung, le mode dominant de pensée pour de nombreux Coréens qui tentent de concilier leur propre histoire tragique et la réalité moderne est "d'oublier le passé."

En fin de compte, quoique le voyage physique Liem est super, son voyage métaphorique est encore plus super. In the Matter of Cha Jung Hee laisse encore des questions qui ne seront peut-être jamais être résolues, mais c'est presque comme si cela permet à Liem de ne plus être redevable aux faits de son passé. Et dans le processus, elle peut être libre d'embrasser sa vraie, présente personne.

Déclaration de la cinéaste

Cha Jung Hee était une orpheline à Sun Duck Orphanage en Corée du Sud dans les années 1960. Elle et moi n'avions rien de commun et je ne la connaissais pas personnellement. Et pourtant, à l'âge de 8, juste avant que j'aie été envoyée aux États-Unis pour être adoptée par la famille Borshay en Californie, mon identité a été échangée avec la sienne à l'insu de qui que ce soit. On m'a donné le nom de Cha Jung Hee, sa date de naissance et son histoire familiale et on m'a dit de garder l'échange secret. Parallèlement, par un tour de main bureaucratique, mon identité précédente a été complètement effacée. Pendant des années, Cha Hee Jung a été, paradoxalement, à la fois une étrangère et aussi mon identité officielle --un personnage inconnu, mais toujours présent-- définissant ma vie. Dans In the Matter of Cha Hee Jung, je recherche Cha Hee Jung afin de mettre son existence d'autrefois au repos en la rencontrant dans la vie réelle et en trouvant comment elle s'en est tirée.

Au cours de la recherche de Cha Jung Hee, je rencontre et interviewe une sélection variée d'orphelins et adoptés coréens, chacun avec leurs propres quêtes et des histoires extraordinaires à raconter. Un orphelin de guerre biracial, Coréen-Noir, banni par la société coréenne, qui rencontre ses potentiels frères et sœurs biologiques à l'âge adulte; des jumeaux adoptés et élevés en France, qui ne parlent que la langue française, sur leur chemin du retour vers leur "maison" en Corée pour visiter leur mère biologique; un orphelin du Nord qui a été envoyé avec plusieurs milliers d'orphelins de guerre de Corée à la Roumanie, qui se rappelle les douloureuses années d'après-guerre et ce que c'est que de grandir dans un pensionnat en Europe de l'Est, et beaucoup d'autres.

Ces histoires sont contextualisés dans une histoire d'adoptions en provenance de Corée débutant avec la guerre de Corée. Ensemble, elles mettent la lumière sur la façon dont les adoptions de la Corée sont étroitement associées avec l'implication militaire américaine dans la péninsule coréenne, la prospérité et l'optimisme de la société américaine après la Seconde Guerre mondiale, et les politiques de la Guerre froide, qui ont conduit la Corée du Sud à devenir "l'exportateur" numéro un, et le plus grand "importateur" américain, des enfants adoptés dans le monde.

Sites web

MuFilms.

First Person Plural sur le site PBS (bande-annonce disponible).

In the Matter of Cha Jung Hee sur le site PBS

First Person Plural sur le site Film.com

First Person Plural sur le site Asian American Media

In the Matter of Cha Jung Hee sur le site New America Media (audio MP3).

Articles

First Person Singular (East Bay Express, 10 mars 2010).

Borshay Liem’s Double Exposure of Korean Adoptions (SF 360, 12 mars 2010).

Aider nos mères monoparentales

Traduit de l'article publié sur JoongAngDAily, le 1er mars 2010.

Dr Richard Boas est un ophtalmologiste américain, avec deux enfants biologiques, qui a adopté une petite fille de quatre mois, de la Corée, en 1988. Il était heureux d'avoir une fille nouveau-née et était fier d'avoir fait la bonne chose, alors il s'est porté volontaire pour appuyer l'adoption internationale après sa retraite. Cependant, quand les tristes visages de femmes enceintes dans leur 'adolescence et leur vingtaine dans un établissement pour mères célibataires à Daegu l'ont confronté, sa vie a changé.

Il a été profondément choqué de voir la douleur des jeunes mères qui ont été contraintes ou carrément obligées d'abandonner leurs bébés en adoption en raison de l'oppression sociale ou économique.

En prenant conscience de la nécessité urgente d'aider les mères célibataires à élever leurs bébés elles-mêmes plutôt que de les mettre en adoption, il a consacré sa fortune à fonder le Korean Unwed Mothers Support Network, en 2007. Il a aidé et encouragé les initiatives de recherche pertinentes et il a encouragé les mères célibataires à se prendre en charge uniquement à travers l'unique organisation nationale à but non lucratif consacrée exclusivement à plaider pour les intérêts des familles monoparentales. Beaucoup de mères célibataires qui n'avaient personne vers qui se tourner vante ses réalisations, le qualifiant de parrain pour les mères célibataires.

Nous avons détourné nos yeux du problème de parent monoparental. La dévotion de Boas au devoir nous fait honte. Il demande: "C'est un droit humain fondamental pour une mère d'élever son enfant seule. Alors, pourquoi un pays aussi riche que la Corée ne parviennent pas à protéger les droits fondamentaux de ces femmes?" Et nous n'avons aucune réponse.

Dr Boas espère que ses activités serviront de catalyseur pour encourager le changement dans la communauté coréenne. Seulement 1 pour cent des mères célibataires aux États-Unis donnent leur bébé en adoption, tandis que 70 pour cent des mères célibataires coréennes abandonnent leurs enfants. Il a dit que son intention est de jeter la fondation pour éradiquer les préjugés et la discrimination, qui sont les vrais coupables derrière cette tragique réalité.

Mercredi dernier, de nombreuses mères célibataires ont assisté au forum "La réalité des mères célibataires et les mesures de soutien pour leur autonomie", qui a été parrainé par le Dr Boas et hébergé par le Korean Women's Development Institute. Elles ont résolument: "Nous ne sommes pas des criminelles, mais des personnes responsables qui élèvent nos enfants."

Si la Corée continue à les traiter comme des criminelles et reste réticente à les soutenir, nous ne trouverons jamais de moyen de nous débarasser de notre réputation "d'exportateur d'orphelins". En tout, 1 250 enfants ont été séparés de leurs mères à la naissance et adoptés dans des pays étrangers en 2008. Il est grand temps que la société coréenne mette au premier plan la mise au point des mesures pour aider ces enfants à vivre heureux avec leurs mamans.

Autre article:

`Raising child not a matter of choice` (The Korea Herald, 29 mars 2010).

Dr Boas a souligné que la discussion de la nation sur l'adoption est encore superficielle. "Ceux qui défendent l'adoption pensent qu'ils font la bonne chose. J'avais aussi l'habitude d'avoir la même manière de voir les choses. Cependant, à la racine de cela, il y a des mères et des enfants qui ont besoin de soutien." Je pense que c'est une question de simples mathématiques. Si plus de mères élèvent leurs enfants, il y aura moins d'adoption, nationale et internationale", a-t-il dit.

13 mai 2010

Corée: Révision du système d'adoption

Traduit de l'article publié sur JoongAngDaily, le 12 mai 2010.

Beaucoup de Coréens adoptés à l'étranger retournent en Corée chaque année et sont agréablement surpris de voir le développement de leur pays d'origine. Mais la douleur qu'ils ressentent de perdre famille, langue et culture est difficile à surmonter, peu importe l'environnement dans lequel ils ont grandi.

Une jeune fille adoptée par une famille de Blancs aux États-Unis a même dit, "Je devenais presque folle parce que je n'étais pas ce que j'étais. Quoique j'aie un visage d'asiatique, je n'étais pas une Asiatique. Même si j'ai été élevée pour être Blanche, je ne suis pas une Blanche non plus." C'est pourquoi les adoptés coréens et leurs parents biologiques, frères et sœurs biologiques exhortent le gouvernement à réformer notre système d'adoption.

Même après que la Corée soit devenue un fier membre du G20, la pratique honteuse de l'envoi des bébés à l'étranger, qui a commencé il y a 50 ans avec la guerre de Corée (1950-53), se poursuit. Chaque année, plus de 1 000 enfants quittent leur patrie vers un pays inconnu, peu après leur naissance. Plus de 95 pour cent de ces enfants sont les enfants de mères célibataires monoparentales. Autrement dit, nos préjugés profondément enracinés et la discrimination sociale les forcent à être séparés de leurs mères.

Les pratiques éhontées des organismes connexes contribuent également à la situation, parce qu'ils contraignent les femmes qui n'ont nulle part où aller, à envoyer leurs enfants à l'étranger en échange de leur aide pour leurs accouchements. Il va au-delà du bon sens de penser que les agences contraignent ces femmes à signer un formulaire de renonciation à leur bébé avant même que les bébés soient nés, et refusent de retourner les bébés sans une certaine forme de paiement si la mère change d'avis.

Pour enrayer cette pratique frauduleuse, nous avons besoin de bien séparer les centres de soins pour mères célibataires des agences d'adoption. Nous devrions également donner aux femmes autant de renseignements au sujet d'élever leurs enfants qu'on ne leur en donne sur l'adoption. Et nous devrions écouter ce que le père adoptif M. Richard Boas dit depuis de nombreuses années: "La meilleure solution à ce problème consiste à créer un environnement dans lequel les mères célibataires célibataires sont en mesure d'élever leurs enfants elles-mêmes." Après avoir rencontré un groupe de mères célibataires coréennes, il a consacré sa vie à défendre leurs droits.

Le peuple coréen doit également faire un effort pour se débarrasser de leurs préjugés sur les familles coréennes qui adoptent. L'adoption nationale est sans aucun doute mieux que l'adoption internationale. Mais le nombre d'adoptions nationales a été au point mort depuis des années, en partie en raison de l'accent mis sur les liens du sang dans notre société. Par conséquent, une nouvelle perspective sur les familles doivent prendre racine ici. Construire un pays qui considère les familles monoparentales et les familles adoptives comme légitimes serait la meilleure façon d'éliminer les préjugés qui nous marquent en tant que pays qui exporte ses enfants.

9 mai 2010

Sauver les enfants, ou sauver nous-mêmes?

L'original de cet article, écrit par mon amie Suki, se trouve sur son blog Holt Adoption Baby . Faites circuler généreusement, sans oublier de donner crédit à Suki.

Ce n'est pas facile d'être un partisan de l'adoption internationale ces jours-ci: avec la construction du catalogue des médias sur des pratiques douteuses dans le monde entier, et les excès du droit des célébrités, l'adoption est tombée sous une attaque et un examen minutieux croissant, les critiques les plus virulentes venant des adoptés adultes eux-mêmes. Je ne peux pas la citer, mais une personne notable a dit récemment que l'adoption était "en état de siège."

Voilà comment ce débat est caractérisé récemment: comme une guerre. L'industrie de l'adoption bien financée et fortifiée, est en train de résister et d'employer tout leur arsenal pour arrêter cette marée changeante de l'opinion publique, et sur le front de leur arsenal se trouvent des adoptés adultes dogmatiques, qui refusent de regarder attentivement et complètement les critiques de ce qui les ont menés là où ils se sont. Beaucoup de leurs arguments sont en train de s'émietter alors que le grand public est plus disposé à remettre en question les pratiques de l'adoption dans le sillage des arguments, souvent substantiels et bien raisonnés, des adoptés adultes contre l'adoption internationale, du Fifth Estate [groupe autre que clergé, noble, roturiers, journalistes] et des médias croissants.
L'industrie de l'adoption s'accroche à leur dogme -- qu'ils sauvent des enfants -- plus fermement que jamais, comme si leur vie en dépendait. Cette attitude est particulièrement intéressante en Corée, en l'absence de guerre, dans la façon qu'ils expliquent et justifient leur présence ici. Cela n'a pas de sens du tout pour moi, et je voudrais me pencher, ci-dessous, sur les deux types de "sauvetage" qui, d'après eux, leur donnent la liberté d'exploiter:

I. Pas arraché, mais jeté.

Dans l'insistance constante que l'adoption sauve des enfants d'une société confucéenne rigide ou sauve des mères célibataires de l'ostracisme d'une société confucéenne sévère, certains partisans de l'industrie de l'adoption m'ont dit (en réponse à mon message-blog, malheureusement je ne pourrais inventer ces choses-là, même si j'essayais) que la Corée "s'en fout" et jettera toujours ses enfants, donc l'adoption est nécessaire. La présence des agences d'adoption n'a pas d'effets de causalité.
Une petite leçon d'histoire.

La Corée ne s'en foutait pas (avant).

Des érudits m'ont dit qu'avant l'existence des orphelinats -- qui n'existaient pas avant la guerre de Corée -- les enfants nés par accident et non désirés étaient gardés dans la famille élargie et les vrais orphelins étaient admis par les monastères en tant que moines en formation. Donc, ils ne jetaient pas leurs enfants et avant l'adoption, la plupart des enfants étaient pris en charge à l'intérieur du pays par la société.

Les orphelinats étaient une nécessité à la suite de la guerre parce que le pays était dévasté et les réseaux familiaux étaient brisés et des milliers d'enfants étaient légitimement sauvés. Mais l'idée d'envoyer les enfants dans d'autres pays était une intervention qui a dégagé la Corée de ses responsabilités sociales envers ses citoyens les plus démunis et qui est aussi devenue plus tard une avenue pratique pour effacer la honte de la famille QUI N'EXISTAIT PAS AVANT. En fait, L'ADOPTION INTERNATIONALE n'existait pas avant son INTRODUCTION en Corée, et les travailleurs sociaux américains à l'époque étaient très, très préoccupés par les effets du déracinement des enfants de leur culture d'origine pour vivre en minorités dans un pays encore inconfortable avec les questions raciales.

Vers la fin de la première vague d'adoptions, les Coréens abandonnaient leurs enfants massivement. Cela à cause de la présence des agences d'adoption qui offrait non seulement une bouche de moins à nourrir, mais la promesse d'une vie meilleure à un autre endroit pour leurs enfants. La méthode des agences d'adoption pour aider la Corée, n'était pas de fournir de l'aide aux familles, mais d'emmener les enfants aux familles à l'étranger qui avait plus de moyens et des idéaux chrétiens appropriés. Le concept d'international, et d'autres pays non asiatiques, était insondable pour la plupart, et peu avaient la moindre idée que leurs enfants ne reviendraient jamais. Les orphelinats étaient considérés comme une aide temporaire et ce fut un choc pour la plupart de découvrir ce que signifiait vraiment la permanence de renonciation.
Ces partisans de l'adoption m'ont dit, "la vérité est qu'ils t'ont jetée." Je ne vais pas argumenter contre le fait que j'ai été abandonnée, mais je vais argumenter contre l'idée que mon abandon était aussi insensible. Oui, j'ai été jetée. Mais était-ce par mes parents? Je pense que j'ai été jetée par mon pays, à travers le dessein de la tromperie des autres. J'ai été séparée de ce pays par des forces étrangères intervenant dans la structure délicate d'un pays à sa plus vulnérable période.

Dans l'esprit des parents coréens à l'époque, leurs enfants n'étaient pas jetés, mais remis. Remis à qui? Aucun parents (mes parents) ne laisseraient un enfant seul dans la rue, au milieu de l'hiver rigoureux de la Corée, s'ils n'avaient su que HOLT était là recueillant les enfants pour les envoyer dans les pays magiques où les rues étaient bordées d'or. Ces mythes distribués par les agences d'adoption exploitaient les espoirs et les rêves que des gens pauvres en difficulté avaient pour les membres de leur famille, et sont la véritable raison pour laquelle les familles abandonnaient leurs enfants. La présence des agences d'adoption a été et EST TOUJOURS le catalyseur de l'abandon. Leur présence encourageait les familles à se séparer et les éclats ont été projetés hors de la portée. C'est ce que j'appelle être arraché à la Corée; pas jeté.
Les vagues ultérieures des adoptés coréens (la grande majorité d'entre eux) sont devenus orphelins, non pas à cause de la guerre ou de l'économie de l'après-guerre, mais parce qu'il y avait maintenant un moyen établi pour effacer les traces des indiscrétions et de la honte familiale résultante.
Depuis plus de 50 ans, l'option adoption est devenue si bien établie que, au lieu d'un acte d'amour (erroné en raison de fausses déclarations) de désespoir, ça s'est transformé en un choix de facto pour la préservation de l'honneur familial, alors qu'avant l'adoption, les familles devaient juste endurer et vivre avec leurs transgressions. Mais cela ne s'est pas transformé par lui-même. Cela a été suggéré par les agences d'adoption pour remplir les orphelinats qui n'étaient plus nécessaires. Prendre avantage de l'honneur de la famille confucéenne était juste un prétexte pour continuer la pratique de l'adoption. La présence des agences d'adoption est maintenant utilisée comme un moyen de structuration sociale par la chirurgie. Et, personnellement, j'ai du mal à discerner ce qui est moral, éthique ou bienfaisance dans ce processus. Il est temps que la Corée comprenne que la verrue sur leur visage n'est pas l'enfant ou sa mère, mais le temps qu'ils prendront pour préserver leur image et leur statut social. Mais la Corée n'aura pas à assumer la responsabilité de leurs fautes, comme elle le faisait dans le passé, aussi longtemps que la commodité de l'adoption est une option, et les agences d'adoption ne peuvent jamais avoir les mains propres tant qu'elles persistent à "aider" la Corée en lui fournissant une poubelle. Retirez les moyens de l'abandon, et que se passe-t-il? Les gens doivent commencer à prendre la responsabilité de leurs actions. Tout comme ils le faisaient avant l'adoption ici. Tout comme les braves mères célibataires le font contre toute attente.

I.I. HOLT devrait être canonisés, car ils s'occupent des enfants handicapés ou avec des besoins spéciaux.

Prendre soin des enfants handicapés et des enfants ayant des besoins spéciaux EST une très bonne chose à faire. Mais encore une fois, pourquoi ces enfants sont-ils dans un orphelinat et non pas à la maison avec leurs parents? POURQUOI CES ENFANTS SONT-ILS DANS UN ORPHELINAT de toute façon?
En juin dernier, j'ai regardé sur les nouvelles comment un jet rempli de 30 médecins coréens sont allés au Vietnam pour effectuer une chirurgie esthétique sur les enfants avec des fentes labiales afin qu'ils puissent mener une vie heureuse et productive. SK Telecom en Corée du Sud a dépensé plus de 2 millions de dollars US sur plus de 3 000 de ces opérations. L'ironie de cela m'a fait monter les larmes aux yeux, et puis l'indignation: Parce que les équipes de chirurgiens esthétiques peuvent diriger des super relations publiques en sauvant les enfants de la défiguration dans les pays pauvres, mais ils ne le font pas ici dans leur propre pays. Parce que la Corée a de l'argent pour aider ses propres enfants. Parce qu'avoir une fente labiale est une raison suffisante pour devenir orphelin ici en Corée. Parce que les orphelinats permettent à la Corée une belle façon bien ordonnée de ne pas traiter leurs propres problèmes. Parce que ces enfants ne sont pas des problèmes, mais des gens.
Que les enfants coréens nés hors mariage aient dix doigts ou orteils, que les enfants coréens aient une fente labiale ou une condition médicale grave, que les enfants coréens soient nés avec une insuffisance pondérale, pourquoi quelconque d'entre eux (tous ceux qui précèdent, sans différenciation) sont-ils dans un orphelinat?

Réponse:
1) ils ont été rejetés parce qu'ils ruinaient l'image de la famille ou
2) il n'y avait pas assez de ressources pour prendre soin d'eux.
Dans les deux cas, ils sont dans des orphelinats:
A) parce que les orphelinats existent, soulageant les familles de leurs responsabilités et
B) parce que les services sociaux ne subviennent pas aux besoins de la société
Et B) n'a jamais à s'améliorer tant qu'il y a A) parce que A) soulage B) de ses responsabilités.

Oui, on est saint de prendre soin des handicapés et des enfants à besoins spéciaux, mais pas dans les orphelinats: ils doivent être soignés dans leurs propres maisons et dans leurs propres collectivités par leur propre pays. Et la Corée a beaucoup d'argent pour le faire. Mais en mettant en place des orphelinats, nous disons à la Corée que c'est correct de jeter les enfants que vous ne voulez pas, d'abandonner les citoyens qui ne peuvent pas se défendre. Et se féliciter ou utiliser de telle "charité" pour justifier une présence continue et compliquer des affaires intérieures d'un pays est assez répugnant. Est-ce comme cela que voulons contribuer à la société coréenne? En encourageant ceux qui ne seront pas ou ne peuvent pas être responsables? Et la raison pour laquelle il y a peu à admirer au sujet des orphelinats pour les handicapés et enfants aux besoins spéciaux, est parce qu'il ne devrait pas avoir de ghettos d'orphelins créés pour les indésirables, en premier lieu. Fournir un mécanisme pour abandonner les enfants -- pour une raison quelconque -- revient à tolérer l'abandon. Et ce n'est pas seulement limité à tolérer implicitement l'abandon des enfants: c'est activement promu comme étant la solution préférée par défaut. Les agences d'adoption perpétuent les problèmes ici.

Et pour les adoptés adultes assez myopes pour soutenir l'industrie de l'adoption, je voudrais ajouter les critiques suivantes:

C'est juste idiot pour le petit pourcentage des adoptés coréens qui ont été sauvés des résultats de la guerre de tenir des résultats et des pratiques de guerre comme modèle en temps de paix. Et toute personne qui utilise des pratiques de guerre en temps de paix, d'ailleurs. Il semblerait que l'élimination de l'adoption leur ferait perdre leur raison d'être: pour avoir passé toutes les épreuves qu'ils ont traversées. Mais c'est une fausse dichotomie. L'élimination de l'adoption retirerait plutôt des forces extérieures et permettrait à ce pays de trouver son propre équilibre et, enfin, de guérir lui-même. HOLT, les autres agences d'adoption internationale, et les adoptés comme KWB, Steve Kalb, Susan Cox et Kim Brown, devraient trouver de nouvelles raisons de se motiver -- des moyens plus profonds et plus efficaces pour vraiment aider la société de façon durable -- au lieu de chercher à ériger des monuments aux gloires passées où ils peuvent faire partie de quelque chose d'héroïque et se valider eux-mêmes. Parce qu'ils ont tellement investi d'eux-mêmes, que signifierait leur vie s'il s'avérait qu'ils ont été trompés? Ils ne peuvent pas laisser cela se produire à tout prix. Je n'ai aucun doute quant à leur engagement: mais ils veulent tellement faire partie de quelque chose qui leur fait du bien, ils ne se rendent pas compte qu'ils sont utilisés pour promouvoir et protéger ce qui contribue à l'atteinte de toute une société. De plus, le changement prend du travail. Un travail en profondeur. Beaucoup plus de travail que de faire des affaires comme d'habitude. Et qui veut travailler à ne plus avoir d'emploi? Certainement pas l'industrie de l'adoption.

C'est aussi idiot de dire d'une part, que vous soutenez les mères célibataires, alors qu'en même temps, vous soutenez les forces qui les exploitent et les oppriment.

Prendre soin des mères célibataires est une question qui a été choisie par l'industrie de l'adoption à première vue, mais c'est un leurre, car en pratique, l'industrie de l'adoption supportant les mères célibataires est dérisoire: l'essentiel de leur soutien pour les mères est de les convaincre que leurs vies seront mieux sans leurs bébés. Et pourtant, le sort des mères célibataires qui choisissent de garder leurs enfants en Corée est trop manifeste pour être ignoré, même par les adoptés qui soutiennent l'industrie de l'adoption. Mais leur donner la sympathie, puis finalement écarter leurs combats comme étant entièrement la faute de la Corée, c'est de fermer les yeux sur le fait qu'elles sont pressurisées à donner leurs enfants en adoption et rejeter leur réalité. Donc, soutenez ces mères en difficulté, et cessez de les utiliser et de ne les aider que du bout des lèvres afin de paraître ouvert d'esprit.

Votre solution n'est tout simplement pas assez bonne.

Molly Holt a admis que "des erreurs ont été faites." Et si c'était au-delà "des erreurs"? Et si rester dans un pays cinquante ans après qu'il n'y ait pas de guerre était tout simplement mal? Et si "sauver" des enfants d'une société confucéenne rigide rendait la société encore plus effroyablement rigide avec des conséquences encore plus effroyables? Et si cette intervention avait complètement redéfini, et non pas dans le bon sens, la définition de la famille dans ce pays? Et si ces "et si" ne sont pas des spéculations, mais un reflet des résultats de l'adoption internationale?

Cela fait plus de 50 ans depuis que l'adoption a été établie en Corée et il y a eu très peu de progrès dans les services sociaux, mais près de 200 000 enfants ont été envoyés. Et c'est un processus qui devrait se poursuivre? Ce triste chiffre me montre que même si l'adoption est une sorte de solution, il y a quelque chose qui est pathologiquement incorrect avec cela, et qu'elle ne traite rien. 200 000 familles brisées. Comment pouvons-nous commencer à mesurer la quantité de dommages que cette solution a fait à cette nation?

Les agences d'adoption sont comme la maman-martyre qui présente sa sainteté aux autres en se plaignant comment elle doit toujours nettoyer la salle de Johnny parce qu'il ne le fera pas lui-même. Cependant, Johnny n'est pas stupide. Il sait qu'il n'aura jamais à nettoyer sa chambre, tant qu'elle est là pour nettoyer après lui. Qui est vraiment fautif, Johnny ou sa mère? N'est-ce pas la mère qui a créé l'irresponsable garçon paresseux? Mais en ce qui concerne la Corée, il y a des vies humaines en jeu: les mamans célibataires qui ont des bras vides et le cœur brisé et les enfants qui sont envoyés à d'autres pays qui doivent passer leur vie à expliquer qui ils sont et pourquoi.

Dans une affaire de guerre, il y a toujours un temps de reconstruction où l'aide est accordée jusqu'à ce que le pays acquiert de la force pour gérer leurs propres affaires. Mais en Corée du Sud, la période de reconstruction ne s'est jamais terminée. Parce qu'il reste ce vestige de cette dépendance qui est l'adoption. Le plan de sortie ne s'est jamais concrétisé, la solution (je dirais pathologique) d'adoption a été introduite, et c'est sa présence continue a retardé la croissance personnelle, la guérison, et l'indépendance du peuple coréen.

À mon avis, l'idée entière que la Corée s'en fout et qu'elle est incorrigible, et donc les agences d'adoption doivent rester ici à perpétuité, est la plus négative-triste-désespérée-privant d'autonomie-manquant de foi-sombre évaluation du peuple coréen que j'aie jamais vu. Ces déclarations ressemblent en fait aux sentiments condescendants de la condamnation des colons envers ceux qu'ils exploitent, et ne devraient pas être tolérées. Je veux dire, il y a quelque chose de mal quand les personnes qui profitent de la collecte des ordures sont les mêmes personnes qui fournissent la poubelle et sont les mêmes personnes qui condamnent les Coréens pour l'utilisation de la poubelle qu'elles leur ont qu'ils en ont besoin.

Que la société coréenne est quelque chose qui doit être sauvée de ou que la société coréenne ne peut pas changer (elle s'est formée en une nation exportatrice de bébés, alors la capacité de changement est manifestement là) est très discutable et non pas une fatalité. Et canoniser Holt et les d'autres agences d'adoption pour leur travail - ont-ils vraiment été amis de la Corée? Ou sont-ils des opportunistes et des exploiteurs de la Corée? Le peuple coréen aime aussi leurs enfants, et en l'absence de la solution-adoption, ils se montreront à la hauteur et de prendront soin de leurs propres enfants, comme ils le faisaient avant l'intervention de l'extérieur.

L'adoption n'est pas la meilleure solution: donner à un pays une véritable autonomie en cessant des interventions qui déforment la société l'est. Aider la Corée à retourner aux valeurs familiales et les valeurs communautaires de uri nara l'est. Développer les services sociaux l'est. Préserver familles l'est. Trouver l'équilibre l'est. Mais vous devez travailler à cela. Et vous devez RESPECTER les gens, avoir FOI en l'humanité, et les traiter avec DIGNITÉ.

Les exhortations des agences d'adoption et de leurs partisans, qu'ils continuent à "sauver" les enfants et leurs mères, sonnent faussent. Les seuls qu'ils sauvent sont eux-mêmes: de la crise existentielle, de leur travail d'identité, de tout reproche de soi, de perte d'emploi ou de la damnation éternelle. Le plus triste, c'est: ne se rendent-ils pas compte que travailler à se trouver sans travail devrait être leur objectif? Cet objectif devrait être la création de sociétés fortes qui attachent de la valeur à tous ses citoyens et qui n'ont pas besoin d'abandonner leurs enfants?

Quel gaspillage de leur vie. Quel gaspillage des ressources, humaines et économiques. Quelle bataille stupide, cette guerre de l'adoption.

Un super blog: Hello Korea!

Un blog que je suis fidèlement: Hello Korea!.

Comme le décrit son sous-titre, adoptee repatriation adventure, le blog raconte les aventures d'une adoptée qui est retournée vivre dans son pays d'origine, la Corée.

C'est en fait le blog de ma meilleure amie, Suki. Elle déménagé en Corée, il y a plus d'une an, pour mesurer ce qu'elle a perdu, ce qu'elle a acquis, pour apprendre sur sa culture de naissance, pour réapprendre sa langue maternelle, et pour étudier les profondes répercussions que l'adoption a eu non seulement sur elle, mais aussi sur tous les adoptés transraciaux et internationaux, et sur la nation coréenne.

Mais, je ne le lis pas juste parce que c'est celui de mon amie. C'est un blog super, très bien écrit. Elle ne parle pas que de l'adoption; elle parle aussi de sa vie d'enseignante en anglais, de ses découvertes, des films, de la culture coréenne, de ses difficultés à réapprendre sa langue maternelle, des gens qu'elle rencontre, ses opinions, ses réflexions, etc.

J'ai traduit ci-dessous un de ses messages.

Malheureusement, je ne pourrais inventer ces choses là, même si j'essayais

Pour chaque heure que vous voyagez loin de Séoul, vous remontez aussi dans le temps d'une décennie. Il y a de moins en moins de ressources et c'est de plus en plus conservateur. En ce moment, à Daegu, une jeune femme cherche désespérément une place pour vivre, pour elle et son bébé .

La jeune femme a dit à la maison pour mères célibataires, lors de sa première admission, qu'elle voulait garder l'enfant. Cinq fois, l'agence d'adoption internationale lui a fait pression pour qu'elle renonce à l'enfant alors que l'enfant était encore dans l'utérus. Cinq fois. Et cette jeune femme forte a encore dit non. Combien de mères célibataires ne sont pas aussi fortes? Après la naissance du bébé, elle est allée demander l'aide de son pasteur, et le pasteur a essayé de la convaincre de lui donner le bébé. Et donc, sans famille pour l'aider, sans services sociaux pour l'aider, la maison pour mères célibataires voulant simplement l'exploiter, et même son pasteur voulant ce qui sort de son corps, elle est en train de "surfer d'un canapé à l'autre" en cherchant une quelconque façon de garder son bébé. Au.moment.où.j'écris.ceci.

Le gouvernement coréen a lancé un nouveau programme pour aider les parents monoparentaux. Ça semble être un excellent programme. Malheureusement, il n'aide que les parents monoparentaux qui ont été légalement mariés à un moment donné.

Dans une partie reculée de l'île de Jeju, au large des côtes de la Corée du Sud, il y a une maison pour mères célibataires. Il n'y a ni télévision, ni internet là-bas. Il n'y a pas de formation professionnelle. Il n'y a pas de vrais services pour aider une jeune femme si elle voulait garder son bébé. Mais il y a un counseling en adoption.


Une adoptée dans la fin vingtaine raconte comment sa réunion est le cas classique d'avoir à rester un secret. Sa mère ne l'avait pas abandonnée. Sa tante l'avait prise et l'avait abandonnée. Et donc, sa mère a été forcée de créer une vie en l'absence de sa fille, comme si elle n'avait jamais existé.

Un adopté pourrit dans une prison aux États-Unis. Jane lui écrit régulièrement: c'est une sainte. Il y a aussi des chances que sa mère ne l'ait pas abandonné. La piste à travers le temps conduit à une escorte qui l'a emmené à une agence d'adoption. Ces escortes étaient souvent payés par les agences. Ces escortes étaient souvent des sages-femmes. Ces bébés étaient souvent enlevés de leurs mères par les grands-mères ou d'autres membres de la famille. Les sages-femmes escortes pouvaient gagner de l'argent des deux côtés.

Une autre adoptée m'écrit et me dit que son amie a été réunie avec sa mère. La mère a dit que l'agence d'adoption lui avait offert de l'argent pour le bébé. Je pense que la mère doit savoir, car elle était là... Il y a une période où mon agence d'adoption internationale préférée offrait supposément 90$ US par tête.

Maintenant, quelqu'un peut-il ME DIRE si la PRÉSENCE des agences d'adoption internationale n'exerce pas de pression négative dans ce pays de ma naissance??? Je veux dire, peut-on vraiment le croire? Même les adoptés qui ont grandi choyés et couvés avec amour?

Non. J'aurais pu avoir été convaincue par quelqu'un avant, mais plus maintenant. La vérité est simplement fourrée devant mon visage tout le temps ici.

Vous savez, les Coréens ont des préjugés à propos des adoptés: ils supposent que nous avons grandi choyés et ils sont jaloux de nous et de notre parfait anglais. Et puis ils nous rencontrent et sont clairement perturbés parce que nous ne pouvons pas parler coréen et nous connaissons presque rien sur la Corée. Ils ne peuvent pas vraiment comprendre ce qu'est une crise d'identité, et ça semble un petit prix à payer pour le luxe et un anglais (ou français ou ...) parfait, et ainsi la perte d'identité peut être facilement écartée.

Mais nous n'avons pas "perdu" notre identité. Que nous ayons eu une vie merveilleuse dans nos familles adoptives ou que nous ayons été abusés dans nos familles adoptives; que nos nouveaux pays nous aient donnés des opportunités ou qu'ils nous aient ostracisés; que nous nous ayons assimilé ou que nous ne nous soyons jamais adaptés, nous n'avons pas "perdu" nos identités. Nos identités nous été enlevées, et nous avons été arrachés de notre pays et bien souvent arrachés des bras de nos mères sous la contrainte. Même moi, une enfant trouvée: pensez-vous vraiment que mes parents m'auraient laissée dans la rue, au milieu de l'hiver, s'ils ne savaient pas que Holt était autour en train de collecter des enfants? Non. Ma famille était très probablement déchirée par les disparités économiques. Combien des 500$ que ma famille adoptive a payé pour m'avoir aurait pu aller à la préservation de ma famille d'origine, en 1966, en Corée?

Cette violence et ces agressions envers notre personne (et nos mères) nous ont été faites par notre propre pays. C'est apparu d'abord sous la forme d'une aide externe, qui a été acceptée avec plaisir pour nettoyer certains problèmes sociaux, et maintenant, c'est devenu de la violence systémique et structurelle qui est institutionnalisée.

Et cette violence se PRODUIT ENCORE AUJOURD'HUI. Combien de parents adoptifs prennent la peine juste de venir en Corée? Combien ont vu leurs bébés avant de les ramasser à l'aéroport? Combien de Blancs ces enfants avaient-ils déjà vus dans leur vie? Combien de mots coréens les adoptants connaissent-ils quand ils reçoivent leur bébé? Combien d'Asiatiques seront dans la vie de ces enfants? La liste s'allonge encore et encore, et c'est un millier de petites violences au-dessus de la violence principale qui ne disparait en fait jamais et qui est là évident à chaque fois que vous passez devant un reflet de vous-même...

Aujourd'hui, j'étais à la librairie, une fois de plus pour essayer de trouver des ressources pour m'aider à apprendre ma langue maternelle perdue, et je suis tombée sur une bande dessinée sur l'histoire de la Corée, pour les étrangers. Le livre d'histoire se termine avec Harry Holt sauvant les enfants après la guerre. Il mentionne la poursuite des travaux de Holt auprès des personnes handicapées et comment Holt favorise l'adoption nationale. Il omet de mentionner le stupéfiant nombre de 200.000 enfants environ qui ont été envoyés à l'étranger pour l'adoption internationale, la GRANDE MAJORITÉ non handicapés, et en l'ABSENCE de guerre ou de famine ou de quelconque raison valable.

Vous voyez, la véritable histoire de nous, les 200 000, est toujours omise dans les livres d'histoire. Parce que ce n'est pas convenable. Mais elle doit être là. Mais si c'était vraiment là-dedans, alors l'adoption internationale viendrait à stopper brutalement. Alors, il y des forces qui empêchent la vérité d'être écrite. Mais il faut y mettre fin. Maintenant. Pas après 60 ans et 100 000 bébés de plus. Parce que quand les mères coréennes veulent garder leurs bébés, et quand elles se cherchent de l'aide, elles ne devraient pas être accueillies par un loup déguisé en agneau.