11 févr. 2010

Repenser le consentement à l'adoption

Traduit de l'article anglais publié sur Korea Times, le 31 décembre 2009, Jennifer Kwon Dobbs, Jane Jeong Trenka et Tobias Hubinette.

Alors que les adoptions internationales vers les États-Unis ont atteint, en 2009, le bas niveau en 13 ans, la Corée du Sud se distingue comme étant le seul pays - à part l'Éthiopie - à avoir augmenté les adoptions internationales vers les États-Unis au cours de cette dernière année.

Avec la tendance internationale qui se tourne clairement vers des solutions domestiques et la préservation de la famille, on pourrait se demander pourquoi plus de 1080 bébés sont allés de la Corée du Sud aux États-Unis cette année, pour l'adoption.

La réponse réside dans les lois sur l'adoption de la Corée, qui sont en train d'être révisées par le Ministère de la Santé, des Affaires sociales et de la famille pour l'année écoulée. Le 29 décembre, le ministère a tenu sa dernière audience publique sur son projet de loi visant à réviser la Loi spéciale sur l'adoption qui régit les adoptions internationales.

Ces lois ont permis le plus ancien programme d'adoption internationale au monde ayant le plus longtemps fonctionné sans interruption au monde, d'envoyer jusqu'à 200 000 enfants à l'étranger.

Le fait que 89 pour cent des enfants adoptés à l'étranger soient nés de mères non mariées en 2008 est une indication que le système des agences d'adoption que la loi supervise, cible une certaine population pour répondre à la demande d'adoption.

Un point important sur lequel le gouvernement et les activistes s'accordent tous les deux, est la nécessité d'allonger la période de délibération au cours de laquelle il est illégal pour une mère d'abandonner son enfant pour adoption - actuellement, les mères pourraient abandonner un enfant alors qu'il est encore dans l'utérus.

Toutefois, les opinions des activistes et du ministère diffèrent grandement sur la quantité de temps que les mères ont besoin pour délibérer avant de prendre une décision qui affecte la vie pour elle-même, pour son bébé et pour les générations futures.

Alors que le projet de loi rédigé par les adoptés et les mères célibataires demandent 30 jours après la naissance pour les délibérations, le ministère propose 72 heures après la naissance pour l'adoption nationale, suivi d'une procédure judiciaire. Pour l'adoption internationale, aucune procédure judiciaire est nécessaire.

Les activistes sont en désaccord avec le ministère pour deux raisons: tout d'abord, le temps de 72 heures continuerait de donner une base juridique pour prioriser l'adoption nationale plutôt que la préservation de la famille. Deuxièmement, il n'y a rien dans le projet de loi qui modifie la façon dont les adoptions internationales sont effectuées.

Cela signifie qu'on donne encore priorité aux adoptions internationales par rapport à l'adoption nationale, qui est elle-même privilégiée par rapport à la préservation de la famille.

Cette hiérarchie est exactement le contraire des recommandations par les lois internationales sur la protection de l'enfance, qui indiquent que la préservation de la famille doit venir en premier, suivie par l'adoption nationale, et enfin l'adoption internationale en tant que dernier recours.

Alors que le ministère base ses idées sur le modèle américain, des meilleurs modèles pour un petit pays comme la Corée sont l'Allemagne, qui permet aux mères un minimum de huit semaines pour un seul enfant ou 12 semaines pour les jumeaux pour consentir, ou la Suède, où les mères peuvent prendre six semaines pour décider.

En Allemagne et en Suède, ainsi que de nombreux autres pays développés européens et en Australie, les abandons d'enfant pour l'adoption nationale sont rares car il existe néanmoins des protections juridiques et économiques pour les familles monoparentales.

Dans le passé, le ministère a fait valoir que les enfants devraient pouvoir être abandonnés immédiatement après la naissance, en soutenant que la sécurité de l'enfant pourrait être en danger.

Mais les mères qui se soucient vraiment de leurs bébés pour avoir séjourné dans une maison pour mères célibataires, disent que si une urgence médicale se produisait, elles feraient la même chose que n'importe quelle autre mère - appeler à l'aide.

Les enfants qui sont envoyés pour l'adoption proviennent presque toutes des maisons de mères célibataires, et de ces mères, 766 sur 1114 étaient âgées d'au moins 20 ans, en 2008. Nous pouvons raisonnablement supposer que les mères qui sont allées à des refuges ou qui ont dépassé l'âge de 20 ans sont capables de faire un appel téléphonique d'urgence.

Le sujet de l'abandon d'un enfant pour adoption est un sujet grave et qui bouleverse la vie. Les mères doivent avoir des conseils adéquats et le temps de délibérer avant que leur relation légale à leur enfant soit rompue. Même 72 heures n'est pas suffisant.

Lors d'une autre audience publique sur la loi spéciale sur l'adoption, tenue le 10 novembre à l'Assemblée nationale et parrainée par la Rep. Choi Young-Hee du parti d'opposition Democratic Party (DP), Kwon Hee-jung du Korean Unwed Mothers Support Networkde a dit qu'une mère qui était venue à son groupe voulait ravoir son enfant après avoir rapidement consenti à l'adoption.

Même si elle a finalement pu ravoir son bébé, l'agence d'adoption l'a forcée à payer une forte somme d'argent avant de redonner l'enfant. La somme était si importante qu'elle ne possédait pas assez d'argent. Elle a demandé de payer par carte de crédit, mais l'agence a exigé en espèces. Une levée de fonds a été faite entre amis, et enfin le bébé a pu rentrer chez elle.

Malheureusement, les histoires comme celles-ci ne sont que trop communes dans la communauté d'adoption. Tant qu'on ne donne pas suffisamment de temps aux mères pour délibérer, tant qu'elles subissent des pressions ou sont contraintes par les agences d'adoption et leurs vastes réseaux d'hôpitaux et les maisons de mères célibataires, il est impossible pour les mères de prendre des décisions pleinement informées pour elle et son bébé.

Les droits parentaux ne devraient pas être coupés à partir d'un lit d'hôpital, d'une agence d'adoption privatisée, ou d'une maison de mères célibataires qui sert de source d'approvisionnement pour les agences d'adoption internationale.

La Corée devrait écrire ses lois sur l'adoption afin de répondre aux normes les plus élevées, et elle ne devrait pas prendre comme modèle les États-Unis - où le taux de pauvreté est supérieur à celui de la Corée, selon les dernières statistiques de l'OCDE, et où un enfant sur cinq souffre de la faim, selon le rapport le plus récent de l'US Department of Agriculture (USDA).

La Corée devrait prendre comme point de référence de plus petits pays européens qui pratiquent véritablement une politique de protection sociale juste. Mais tel que c'est en ce moment, les bébés envoyés à l'adoption internationale n'auront même pas les plus élémentaires protections de la cour. Faut-il s'étonner que la Corée ait envoyé tant d'enfants lorsque les adoptions internationales peuvent être accélérées si facilement?

La Corée doit créer des lois justes si elle est pour se hisser aux normes et éthiques internationales pour l'adoption et effacer sa "stigmate" de "pays exportateur d'orphelins".

La Corée doit finalement aller au-delà de sa honte et de sa culpabilité au sujet du programme d'adoption internationale et formuler proactivement des lois qui préservent les familles et cesser de viser les mères célibataires quand elles sont à leur moment le plus vulnérable.

6 févr. 2010

Missionnaires ou menteurs?

Menteurs...





Cas des missionaires: mensonges. Dix missionnaires américains accusés d'enlèvement en Haïti. Reportage de Karl Penhaul de CNN, avec Anderson Cooper. le 4 février 2010.

Sur la brochure que les Américains distribuaient aux gens qui leur remettaient les enfants:

Ligne 1 : nous voulons aider les enfants haïtiens qui ont perdu leurs pères et leurs mères.

La plupart de ces enfants ne sont pas orphelins. Dans plusieurs cas, c'est leur propre père ou propre mère qui avait remis les enfants aux Américains. Et les Américains le savaient parce que les interprètes traduisaient pour eux.
Certains parents dans un village en dehors de Port-au-Prince ont déclaré avoir volontairement donné leurs enfants aux Américains, qui leur ont promis une vie meilleure et qui leur ont dit qu'ils pourraient voir leurs enfants quand ils le voulaient.

Ligne 2: New Life Children's Refuge est un organisme à but non lucratif pour aimer et s'occuper des enfants haïtiens orphelins ou abandonnés, dans République dominicaine.

Il n'est certainement pas dédié garder aucun autre genre d'enfant parce que l'école à l'orphelinat en République dominicaine n'est pas mise en place pour le moment. C'est encore un hôtel de 45 chambres; il n'a pas été converti pour le moment.

Ligne 3: Nous avons l'autorisation d'emmener des enfants orphelins dans un orphelinat en République dominicaine.
Le consul dominicain avait mis en garde les Américains à 14h00, le vendredi que ce qu'ils faisaient était illégal. Il leur avait dit de ne pas traverser la frontière sans document. Quatre heures plus tard, les Américains ont été arrêtés à la frontière.

Ligne 4. Vous pouvez suivre le progrès de vos enfants sur notre site web.

Le site web ne fonction pas encore.



Documents d'orphelinat de Silsby. Karl Penhaul et Dan Simon de CNN parlent avec Anderson Cooper à propos de documents et autres révélations sur Laura Silsby.

L'orphelinant de NLCR en République dominicaine a été légalement créé en tant qu'organisme sans but lucratif, six jours après le tremblement de terre.

Ce que dit Laura Silsby au reporter de CNN: elle a planifié de construire une école et une place où les enfants pourraient vivre à long terme, et que des parents éloignés puissent garder contact et les visiter.

Selon le document de New Life Children's Refuge (NLCR) pour la construction en République dominicaine:

Offrir un environnement chrétien aimant pour jusqu'à 200 enfants, d'abord centrés pour les enfants de 0 à 10 ans. Mettre en place un programme d'adoption.

Silsby a nié avoir planifié le programme d'adoption, lors des trois rencontres avec le reporter de CNN.

Les Américains emprisonnés en Haïti avaient tenté de prendre d'autres enfants, dit un officier. (CNN, 8 février 2010.

L'officier, qui ne voulait pas être identifié par peur de représailles, a dit avoir arrêté les 10 missionnaires, dont le leader du groupe Laura Silsby, le 26 janvier, alors qu'ils transportaient 40 enfants dans un bus en provenance d'Haïti vers la République dominicaine. Il a arrêté le groupe et a ordonné aux enfants de descendre du bus.

La Baptiste Laura Silsby qui est partie sauver des orphelins a laissé derrière des dettes. (WSJ 3 février 2010, et Times on Line, 6 février 2010).

Un service de magasinage en ligne qu'elle gère, lui a valu le prix de de femmes d'affaires, eWomanNetwork International Businesswoman en 2006. Cependant, des dossiers de cour montre qu'elle a été plusieurs fois poursuivie en justice pour des salaires impayés et des dettes - et a eu au moins neuf violations de conduite depuis 1997.

Ses difficultés financières ont commencé l'année dernière. Sa maison a été saisie et elle était poursuivie par des créanciers.

Elle est due pour une audience pour un procès devant jury civile à Idaho, le 22 février.




Juge haïtien: les Américains devraient être libérés.(MSNBC, 11 février 2010).

***
La missionnaire du Idaho a pleuré quand les orphelinats d'Haïti ont refusé de lui donner les enfants. (USA Today, 12 février 2010).

Laura Silsby a recruté des membres de son église baptiste et leur dit qu'elle avait tous les documents nécessaires. Elle a même trouvé un couple du Kentucky, Richard et Malinda Pickett, qui avaient essayé d'adopter une fratrie de trois enfants d'Haïti et leur a dit qu'elle pouvait sortir les enfants.

Les Pickett n'avaient pas besoin de son aide. Le gouvernement leur avait déjà accordé la permission de prendre les enfants. Ils ont poliment refusé, en pensant que les jeunes étaient sans danger et qu'ils seraient bientôt évacués vers leur nouvelle maison. M. Pickett se terouvait en Haïti. Mme Pickett lui a dit de ne pas interférer, mais Laura Silsby l'a rappelé deux autres fois pour insister. Pour une troisième fois, Mme Pickett lui a dit de rester éloignée de ses enfants.

Elle a tout de même essayé de prendre les enfants. Lorsque l'orphelinat lui a dit que les enfants avaient été déplacés, elle lui a demandé n'importe quel autre enfant qu'elle pourrait obtenir.

"Elle a demandé des enfants à chacun des orphelinats, et à la fin de la journée aucun ne voulait lui en donné, elle a pleuré", dit Richard Pickett.

Silsby et ses supporters disent qu'ils voulaient simplement sauver les jeunes de ce chaos, de la maladie et de l'incertitude du séisme qui a ravagé Haïti.

D'autres, comme les Pickett, ne sont pas convaincus.

Autres articles

Haitian lawyer for jailed missionaries fired
(MSNBC , 6 février 2010).

Profile: New Life Children's Refuge (BBC News, 5 février 2010).

4 févr. 2010

Le Népal "devrait suspendre" les adoptions

Les adoptions du Népal devraient être suspendues, recommande un organisme international qui régit les adoptions entre les pays.

Une enquête a révélé que des enfants des régions éloignées ont été faussement déclarés orphelins et placés en adoption à l'insu de leurs parents.

Un projet de rapport par la Conférence de La Haye de droit international privé exhorte le Népal à prendre des mesures pour prévenir les abus.

Le Népal avait temporairement suspendu les adoptions internationales en 2007. Il a introduit de nouvelles règles et a recommencé les adoptions internationales en 2008.

Mais le rapport de la Conférence de La Haye affirme que les abus sont toujours monnaie courante. Son enquête a révélé que les documents qui déclarent les enfants orphelins sont souvent falsifiés.

«Il y a beaucoup d'histoires de parents des régions éloignées du Népal qui ne comprennent toujours pas ce qui est arrivé à leurs enfants», a déclaré Joseph Aguettant, délégué de Terre des Hommes au Népal. «Ils pensaient qu'ils envoyaient leurs enfants pour être scolarisés, mais ils ont fini par être adoptés et emmenés à l'étranger.»

L'enquête a trouvé des preuves de «fausses déclarations» sur l'origine, l'âge et le statut des enfants; le manque de transparence et de responsabilité pour l'argent entrant au Népal par les adoptions internationales, et l'absence d'une politique sur de telles adoptions.

Elle révèle aussi que le Népal n'a pas réussi à empêcher l'enlèvement, la vente et le trafic d'enfants et a recommandé au gouvernement de suspendre les adoptions internationales afin de permettre de nouvelles lois et procédures qui seront mises en œuvre.

Le rapport suit une enquête de l'Unicef, et d'autres ONG. L'organisme de bienfaisance financé par la Suisse, Terre des hommes, dit avoir constaté que plus de 60% des enfants dans les orphelinats ont des parents qui pourraient s'occuper d'eux.

Le rapport de La Haye est arrivé à une conclusion puissante qui montre l'évidence d'abus en termes d'administrations. Un document est créé pour déclarer un enfant orphelin, alors que la famille pourrait s'occuper de lui," a déclaré Joseph Aguettant à la BBC.

L'Unicef et Terre des hommes avaient déjà signalé qu'il est fréquent que des enfants népalais soient enlevés, trafiqués, et vendus.

Les enfants adoptés du Népal se rendent principalement en Espagne, en France, l'Allemagne, l'Italie et les États-Unis.

Articles:

Nepal 'should suspend' adoptions (BBC News, 4 février 2010).

Case study: Nepali boy adopted in France (BBC News, 4 février 2010).

Experts urge Nepal to ban international adoptions (AFP sur google, 4 février 2010).

Nepal's adoption system being abused: lawyers (AFP sur google, 4 février 2010).

3 févr. 2010

ADN Prokids pour retrouver les bébés philippins illégalement adoptés

De l'article Illegaly Adopted Filipino Babies Traced , publié sur le site Inquirer, 2 février 2010.

Les travailleurs humanitaires offrent d'aider à retrouver les bébés philippins envoyés illégalement à Singapour pour adoptions dans les pays riches, en utilisant les tests d'ADN.

"Des femmes se faisant passer pour leurs mères vont à Singapour en utilisant de fausses identités pour faire croire aux autorités que les bébés sont les leurs", dit Amihan Abueva, coordonnateur régional de l'ONG Asia Against Child Trafficking (Asia ACTs). "Mais une fois à Singapour, les bébés sont laissés," a dit Abuela lors du forum "DNA-Prokids: utilisation d'ADN contre la traite des être humains", qui a eu lieu à l'Université des Philippines à Diliman, Quezon City.

"Le problème est qu'il n'y a pas de plaignants", a déclaré aux journalistes le sous-secrétaire de justice, Ricardo Blancaflor, qui est resté sur la touche du forum.
"Les parents ne savent pas où aller. Ils ne savent même pas qui accuser puisque personne ne sait où l'enfant est allés."

DNA-Prokids est une initiative humanitaire internationale qui établit et utilise l'identification génétique des enfants qui ont été emmenés de force afin de les rendre à leurs familles.

Commencé en 2004, l'effort est dirigé par deux experts médico-légaux, Dr Jose Lorente et Dr Arthur Eisenberg, Université de Granada, Espagne et Université du Texas Nord, États-Unis.

Lorente a prévenu les participants que la traite des enfants est maintenant considérée comme une épidémie internationale et pourrait être "le crime n°1 au monde en 2010".

"Tant qu'il n'y a pas de méthode systématique pour retrouver les parents et leur ramener leurs enfants, les enfants continueront d'être enlevés. Les enfants du Guatemala, par exemple, sont enlevés et amenés aux États-Unis et en Europe où il y des marchés pour l'adoption illégale", a-t-il déclaré.

Lorente a identifiés le nord de l'Inde, la Chine et les Philippines parmi les pays d'Asie avec "un pourcentage statistiquement important de cas" d'adoptions illégales.

Cela signifie que de nombreux enfants de ces pays se retrouvent à l'étranger et deviennent victimes de la traite, "soit par la prostitution, le travail forcé, des activités militantes ou des adoptions illégales".

Le programme du forum indique que 50 pour cent des 600 000 à 800 000 personnes "victimes de la traite à travers les frontières internationales chaque année ont moins de 17 ans".

Lorente a dit que des études de l'ONU montraient que l'Amérique Centrale et du Sud, l'Afrique, l'Europe Centrale et l'Asie du Sud sont les principales sources des enfants amenés en Amérique du Nord, le Canada, les États-Unis, l'Europe, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

"L'un des droits fondamentaux d'un enfant est le droit à l'identité. Si un enfant est sans papiers, son identité peut encore être établi par des analyses d'ADN. Mais cela nécessite l'aide des gouvernements concernés et la coopération et la coordination de leurs organismes", a déclaré Lorente.

Lorente a déclaré que les efforts pour réunir parents et enfants enlevés ont été entachés par le manque de coordination entre les agences gouvernementales dans divers pays. Il a noté que, dans les Philippines, "il y a un problème dans le traitement des preuves et des tests d'ADN, alors DNA Prokids International collabora en offrant son soutien et des finances des subventions."

Lorente ledit ADN-Prokids International a publié son premier lot d'analyses d'ADN en 2005 qui a été utilisé afin de retrouver les enfants enlevés de force à en Amérique latine, au Népal, au Guatemala et en Inde.

Au Guatemala, des prélèvements de joue des 23 enfants sauvés d'un gang d'adoptions illégales a permis aux autorités de retrouver leurs familles qui avaient signalé leurs enlèvements.

Lorente et Eisenberg travaillent sur un système combiné d'index d'ADN, une base internationale de données de profils d'ADN prélevés sur les enfants secourus et les parents qui leur ont offert les leurs.

2 févr. 2010

Américains arrêtés en Haïti et accusés de trafic d'enfants

ABC News, Reuters et autres nouvelles rapportent que 10 Américains baptistes sont détenus à Port-au-Prince, après avoir tenté d'emmener 33 enfants hors d'Haïti, sans autorisation et sans documentation appropriée.

Les détenus, membres d'une organisation caritative, New Life Children's Refuge, basée à Idaho, appellent cela "Mission Sauvetage des orphelins haïtiens", destinée à sauver les enfants abandonnés du chaos suite au tremblement de terre en Haïti.
Laura Sillsby, l'une des suspects qui se dit être la leader du groupe, a nié avoir mal agi.

Mais le Premier ministre d'Haïti a déclaré dimanche que le groupe était en train d'enlever les enfants. "Les enfants n'étaient certainement pas tout à fait disposés à aller, parce que dans certains cas, d'après ce que j'ai entendu, ils demandaient leurs parents, ils voulaient retourner à leurs parents", a dit Jean-Max Bellerive à CNN.

Le ministre des Affaires sociales Yves Cristallin, a déclaré aux reporters que les Américains étaient soupçonnés d'avoir participé à un plan d'adoptions illégales. Ils n'avaient aucun document prouvant l'autorisation d'adoption des 33 enfants, et aucun papier montrant que ces enfants étaient orphelins.

Missionnaires ou trafiquants?

Laura Sillsby a insisté qu'ils n'avaient que de bonnes intentions. "Dieu est notre pourvoyeur et Dieu nous donne la force et le confort", a déclaré Carla Thompson, un membre du groupe. "Nous avons nos Bibles et nous sommes OK".

Leur plan était de ramasser 100 enfants et de les emmener en bus jusqu'à un hôtel dans une station balnéaire en République dominicaine, où ils ont prévu de créer un orphelinat. Le groupe décrit leur plan sur leur site Web où ils ont également demandé des cotisations déductibles d'impôt. Il déclare aussi que "Les enfants ont été sauvés de "un ou plusieurs orphelinats" qui ont été endommagés dans le séisme".



Les 33 enfants, âgés entre 2 mois et 12 ans, ont été logés à SOS Village d'Enfants, en dehors de Port-au-Prince.

"Je ne suis pas orpheline"

George Willeit, de SOS Villages d'Enfants, a déclaré que certains des enfants ont des parents vivants. Une enquête initiale montrait qu'au moins 10 ne sont pas orphelins.

"Certains d'entre eux ne sont certainement pas orphelins", a-t-il déclaré à CNN. "Immédiatement après son arrivée ici, une fille - elle doit avoir 9 ans - criait fort: 'Je ne suis pas une orpheline, j'ai mes parents, appelez mes parents s'il vous plaît.' De même que certains des autres enfants. Ils ont même leurs numéros de téléphone avec eux de leurs parents", a-t-il dit.

Le Premier ministre a indiqué que certains de ces parents pourraient avoir sciemment donné leurs enfants aux Américains dans l'espoir qu'ils atteignent les États-Unis - un souhait qui n'est pas rare pour des familles pauvres dans un pays qui avait déjà environ 380000 orphelins avant le séisme.

Les parents "réclament" les enfants dans l'affaire d'enlèvement en Haïti

Les 33 nourrissons et aux enfants qu'un groupe de chrétiens américains a tenté de sortir clandestinement hors de Haïti sont en train d'être réunis avec leurs familles, dit le groupe d'aide qui prend soin d'eux présentement.




"Les parents viennent présentement au village pour réclamer leurs enfants", a déclaré Heather Paul, directrice générale de SOS Villages d'Enfants, États-Unis, à Today's Show de NBC.

Elle a dit que les enfants avaient été en mauvais état quand son premier groupe les a reçus, mais qu'ils semblaient être en voie de guérison.

"Ils sont venus très traumatisés, comme vous pouvez l'imaginer, pour un certain nombre de raisons. Premièrement, les ravages du tremblement de terre, puis le mystère ou la confusion de la disparition de leur famille", a-t-elle dit. "Ils sont de mieux en mieux."

Elle a aussi ajouté que pendant que les enfants étaient sous les soins du groupe baptiste américain, ils "n'étaient pas bien habillés, ils étaient déshydratés. Ils avaient besoin d'assistance médicale."

À Lire, les rapports de SOS Children's Village sur "Haiti Orphan Appeal":

Urgent Breaking News: Baby and Child Traffickers Caught

Trafficked babies found in bad state


Photos of the children and babies abducted for adoption

"I am no orphan"

Interview de CNN avec deux parents:



Silsby a assuré aux habitants de Calebasse qu'ils resteraient en contact avec eux, a dit Laurentus. Et qu'ils seraient en mesure de voir les enfants quand ils le voulaient.

Lely Laurentus pensait qu'il faisait la bonne chose quand il a remis ses deux jeunes enfants à une Américaine qui lui a promis de les emmener dans un endroit meilleur.

Laura Silsby, membre de New Life Children's Refuge basé à Idaho, lui avait donné un dépliant de son organisme en disant qu'elle voulait aider "les enfants qui ont perdu leur mère et leur père dans le tremblement de terre ou n'ont personne à aimer et pour s'occuper d'eux".

Elle lui a promis la scolarisation, des terrains de soccer et même une piscine. Elle a raconté lui a dit qu'elle avait l'autorisation du gouvernement pour mener à bien son projet.

Laurentus aimait ses filles. Elles étaient tout pour lui. Mais il pensait aussi à sa propre vie - il a abandonné l'école à 15 ans et a travaillé à deux emplois pour mettre de la nourriture sur la table.

Dans le séisme dévastateur du 12 Janvier, il a perdu la chétive maison qui était sur à flanc de coteau à Calebasse.

"Je ne supporte pas qu'elles soient vicitmes ici", a dit Laurentus dit. "J'ai eu confiance en les Américains. Je leur ai fait confiance."

Donc, jeudi soir, lorsque Silsby est arrivée avec un bus, il a placé ses filles, Soraya, 4 ans, et Leila, 5, sur deux sièges vers l'avant. Il n'avait emballé aucune de leurs affaire, pas même leurs ours en peluche. L'Américaine avait des sacs remplis de vêtements, de jouets et de collations.

"Vous rappellerez-vous de moi?" a-t-il demandé aux jeunes filles, qui ne pouvaient, de son propre aveu, comprendre ce qui se passait. Puis il les a vus s'en aller, avec 18 autres enfants du village.

Laurentus a dit qu'il a d'abord entendu parler de Silsby par un autre résident Calebasse, Isaac Adrien, qui tentait d'obtenir un emploi dans une école chrétienne de Port-au-Prince.

Adrien a déclaré avoir rencontré Silsby à l'école. Elle lui a demandé s'il connaissait des personnes qui auraient souffert du tremblement de terre et qui auraient besoin d'aide. Adrien a pensé à sa propre communauté, et l'a emmenée à Calebasse le jeudi.

Il pensait que ce serait une bonne idée d'envoyer les enfants parce que toutes les écoles étaient fermées.

Silsby a assuré aux habitants de Calebasse qu'ils resteraient en contact avec eux, a dit Laurentus. Et qu'ils seraient en mesure de voir les enfants quand ils le voulaient.

Laurentus a dit qu'il n'en voulait pas aux Américains; qu'il leur faisait encore confiance. Mais il veut que ses filles reviennent chez eux.

"Peux-tu venir me chercher?"

Adrienne Paulime, a mis sa fille de 10 ans, Benatide, dans le bus le jeudi.

"Nous l'avons donnée aux Américains afin qu'elle puisse avoir une vie meilleure", a déclaré Paulime en essuyant ses yeux.

Le frère de Benatide, Alain Paulime, a dit avoir reçu un appel vendredi, d'une femme de l'orphelinat SOS. Elle a dit que sa petite sœur pleurait. "Peux-tu venir me chercher?" lui a demandé Benatide.

Paulime a dit qu'il avait hâte de laisser leur savoir que Benatide n'était pas à sa place à l'orphelinat. Elle avait une famille.

Lundi, Alain Paulime et sa sœur Carline Paulime ont rejoint Laurentus pour se rendre à la capitale.

"Je veux les ravoir à la maison", a dit Laurentus.

Mais à la fin, ils ont été forcés de quitter les mains vides, sans même les voir. Les enfants ont été traumatisés, a déclaré Georg Willeit, responsable de SOS Villages d'Enfants. "La sécurité émotionnelle des enfants est très instable en ce moment", a-t-il dit.

Willeit a dit à "Anderson Cooper 360" qu'au moins 20 enfants ne sont pas orphelins. Ils reçoivent en ce moment des "soins et de l'attention" de son établissement", a-t-il dit.

Beaucoup d'entre eux ne pense pas qu'ils reverraient leurs parents. Il a dit qu'il ne permettrait pas de visite maintenant, de crainte de susciter les attentes des enfants.

Ils devraient attendre pour rentrer chez eux, jusqu'à ce que l'enquête soit terminée.

Articles:

Americans arrested taking children out of Haiti (Reuters, 30 janvier 2010).

Haiti Detains Americans Taking Kids Across Border (ABC News, 30 janvier 2010).

Haïti: Dix Américains soupçonnés d'avoir «volé» 33 enfants (Cyberpresse, 30 janvier 2010).

Detained Americans say they had good intentions in Haiti (CNN, 31 janvier 2010).

Haïti : 10 Américains arrêtés pour trafic d'enfants (Le point.fr, 31 janvier 2010)

Haiti holds Americans accused of child trafficking (AFP, 30 janvier 2010)

Haiti says Baptists may be tried in US (Yahoo News, 1 février 2010).

10 jailed Americans await fate in Haiti (MSNBC, 2 février 2010).

Parents 'reclaim' children in Haiti abduction-adoption row (ABC, 2 février 2010).

Detained Americans appear in court, Haitian officials say (CNN, 2 février 2010).